Les professionnels de la justice mènent plusieurs actions aujourd’hui afin d’attirer l’attention sur les importants problèmes qu’ils rencontrent au quotidien. Ecolo partage très largement leur inquiétude et les rejoint dans leur appel de davantage de moyens et de respect de la part du Gouvernement. En effet, les écologistes n’ont eu de cesse, depuis le début de la législature, de dénoncer une Justice à deux vitesses, souffrant d’un manque de moyens criant, de relayer l’appel des magistrats à un respect du cadre, à une amélioration de leur conditions de travail ou à une informatisation efficace et digne du 21ème siècle.

« Il est temps que les membres du Gouvernement, mais aussi l’ensemble des partis traditionnels entende cet appel. Le désinvestissement dans la Justice est en cours depuis plus de 10 ans, depuis les Gouvernements précédents, Leterme, Di Rupo et maintenant Michel. La situation est désormais catastrophique et les conséquences de ce désinvestissement de la Justice sont très lourdes sur son image et surtout sur sa capacité à faire son travail, celui de rendre la Justice, une fonction essentielle en démocratie », commente Gilles Vanden Burre, député fédéral Ecolo. « Et si ce sont les professionnels qui s’expriment aujourd’hui, ils portent également la voix des justiciables, particulièrement les plus fragiles, qui sont victimes de cette situation, ce qui mine la confiance de nos concitoyens dans notre Etat de droit. Il est urgent d’agir pour inverser cette tendance lourde et insupportable », poursuit Gilles Vanden Burre.

La Justice est aujourd’hui dans un état de délabrement comparable à celui des Palais de Namur ou de Bruxelles, ou à son système informatique d’un autre temps. Malgré la bonne volonté et le sens de la débrouille de nombreux de ses agents, elle est incapable d’apporter, dans des délais raisonnables, les réponses attendues par les justiciables, que ce soit pour les conflits de la vie quotidienne, des faits beaucoup plus graves ou encore la lutte contre la criminalité financière.

« Les priorités des écologistes en matière de Justice sont très proches de celles exprimées par les Magistrats. Nous souhaitons en effet permettre à l’ensemble des citoyens d’accéder à une Justice de qualité, notamment les personnes les plus fragiles, en élargissant l’aide pour l’accès à la Justice. Nous voulons également garantir l’indépendance de la Justice en renforçant son Conseil Supérieur, que le cadre soit respecté et que des juges soient nommés en suffisance. En support des acteurs de terrain, un système informatique enfin efficace doit être mis en place. Les infrastructures de Justice, palais et prisons, doivent faire l’objet de rénovations profondes, limitant leur consommation énergétique et assurant leur fonctionnalité. Les moyens dévolus à la lutte contre la criminalité financière, qui coûte chaque des milliards d’euros aux finances publiques, doivent en outre être augmentés », ajoute Georges Gilkinet, chef de groupe Ecolo à la Chambre.

Dans le cadre d’une éventuelle future participation fédérale, les écologistes s’engagent à faire de la question du refinancement de la Justice et de l’amélioration de son fonctionnement une priorité de négociation.

« Il n’y a pas de démocratie sans une justice efficace et accessible, qui permette aux citoyens de se défendre et de faire valoir leurs droits. Et ce, quelle que soit leur situation financière. Nous refusons en effet de voir la justice devenir uniquement accessible à ceux qui ont le plus de moyens ou qui peuvent se permettre une transaction pénale financière afin d’échapper aux poursuites et éventuelles sanctions. Il n’y a pas non plus de démocratie sans professionnels disposant des moyens et des conditions de travail nécessaires à cette mission fondamentale. Il est urgent de renverser la tendance », concluent Georges Gilkinet et Gilles Vanden Burre.