Climat et Énergie

Objectif 100% renouvelable

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Alors qu’aux quatre coins de la planète la transition énergétique bat son plein, la Belgique semble faire du sur-place. Pendant 5 ans, le Gouvernement MR-NVA a soufflé le chaud et le froid sur la sortie du nucléaire et, ce faisant, envoyé un signal ambigu à tous ceux qui cherchent à investir dans les énergies vertes. Pourtant, un scénario 100% énergies renouvelables est possible et nécessaire dans notre combat contre le dérèglement climatique. Explications.

Alors que, jusqu’à la première moitié du 18e siècle, le bois était la principale source d’énergie, la découverte de la machine à vapeur – et des réserves de charbon – a donné à l’humanité la fausse impression de disposer d’une énergie inépuisable. Cette foi inébranlable dans l’énergie fossile a commencé à vaciller à Kyoto, lorsque 180 pays ont signé un protocole par lequel ils se sont donnés des objectifs de réduction des gaz à effet de serre.

L’accès l’énergie est la question économique, sociale et environnementale de ce siècle. Depuis l’essor du charbon et de la vapeur, l’énergie est au cœur des enjeux de développement et de prospérité. Mais aujourd’hui, nous sommes confrontés à cinq défis majeurs : la lutte contre le réchauffement climatique, l’accès équitable à l’énergie, la maîtrise de son coût, la sortie du nucléaire et la diminution de la disponibilité du gaz et du pétrole.

D’une société basée sur la combustion des énergies carbonées que sont principalement le charbon, le gaz et le pétrole (des sources disponibles mais limitées et très polluantes), le monde est aujourd’hui en train de se tourner vers l’utilisation d’énergies propres, gratuites et infinies comme le vent et le soleil, principalement mais aussi, par exemple, la force motrice des marées ou des cours d’eau. En réalité, si on y prête attention, lʼénergie propre est partout autour de nous.

Dans certains pays comme le Danemark, le Paraguay ou lʼIslande, la part d’énergie renouvelable dans la production d’électricité atteint déjà ponctuellement les 100%. Ces pays polluent peu, consomment lʼénergie avec sobriété et sont indépendants des pays producteurs de pétrole. Bref, ils sont résilients. Et ils nous montrent que le chemin vers le 100% renouvelable est déjà une réalité.

En Belgique, la part du renouvelable reste faible. Autrement dit, les marges de progression sont très importantes. Une société autonome énergétiquement, construite autour dʼun vaste réseau d’énergies renouvelables, c’est possible. Respectant l’environnement et le climat, elle offrirait par ailleurs de nombreux emplois, non délocalisables, et permettrait à terme des économies financières substantielles. C’est une certitude.

Une stratégie en 3 axes

Aujourd’hui, en Belgique, nous devons sortir de l’immobilisme et booster les énergies vertes. Comment faire ?

1- L’isolation

Tout d’abord, et c’est une évidence, la meilleure énergie, c’est celle qu’on ne consomme pas. Or, la majorité des bâtiments en Belgique est peu – voire très mal – isolée. Bref, l’énergie s’échappe de partout. Une première étape indispensable, c’est donc de lutter contre le gaspillage énergétique, en renforçant l’isolation des bâtiments : maisons, appartements, bâtiments publics… Isoler le bâti créera une activité économique importante, et réduira les gaspillages. C’est bon pour l’emploi, pour le portefeuille et pour la planète.

2- La production à domicile et la production communautaire

Il est aujourd’hui possible pour un logement bien isolé, d’être « énergétiquement autonome », c’est-à-dire de produire toute l’énergie dont

il a besoin. Des projets de logements à haute performance énergétique, « passifs », voire « zéro énergie » se développent de plus en plus, dans la construction neuve comme dans la rénovation. Les techniques et les coûts sont de mieux en mieux maîtrisés. Et les pouvoirs publics doivent continuer à soutenir ce type de construction ou de rénovation.

À plus large échelle, des communautés comme des villages ou des bassins de vie peuvent mettre sur pied des unités de production d’énergie renouvelable, et les mettre en réseau de façon intelligente. Qu’il s’agisse d’éolien, de photovoltaïque, de géothermie ou encore d’hydroélectricité, le champ des possibles des énergies renouvelables s’améliore chaque jour.

Enfin, pour les très gros besoins en énergie (comme les besoins industriels par exemple), il s’agira de mettre en place des unités de production locales et spécialisées.

3- La sortie du nucléaire

Les centrales nucléaires belges sont en fin de vie. Initialement conçues dans les années 70 pour une durée de vie de trente ans, elles dépasseront finalement toutes les quarante années d’existence. Principalement en raison de la problématique des déchets, les réacteurs ne sont clairement pas la solution « miracle » pour traverser le 21e siècle.

La transition est nécessaire, et il est urgent de mettre en place les moyens de production de demain : les sources d’énergie renouvelable. Une phase intermédiaire de production d’électricité par le gaz sera néanmoins indispensable pour se passer du nucléaire, mais sur du court terme. À moyen terme, le développement du renouvelable et la sobriété énergétique permettront de se passer de ces énergies d’appoint. Et à long terme, une Belgique 100% renouvelable est possible, comme plusieurs études récentes l’ont démontré.

En avant !

Partout dans le monde, la transition énergétique est en marche. On l’ignore souvent, mais désormais, la production mondiale d’électricité renouvelable dépasse la production nucléaire. La baisse soutenue du coût des énergies renouvelables leur assure un avenir déterminant dans le bouquet énergétique mondial. C’est aujourd’hui une évidence : les énergies vertes se développent partout sur la planète et nous promettent un 21e siècle plus vert.

La Belgique doit cesser d’hésiter sur la sortie du nucléaire : notre pays ne peut rater l’opportunité du tournant énergétique mondial. Nous avons les moyens humains, techniques et financiers pour devenir des leaders du renouvelable. Le politique doit être à la hauteur
La transition est nécessaire, et il est urgent de mettre en place les moyens de production de demain : les sources d’énergie renouvelable. Une phase intermédiaire de production d’électricité par le gaz sera néanmoins indispensable pour se passer du nucléaire, mais sur du court terme. À moyen terme, le développement du renouvelable et la sobriété énergétique permettront de se passer de ces énergies d’appoint. Et à long terme, une Belgique 100% renouvelable est possible, comme plusieurs études récentes l’ont démontré.

Le saviez-vous ?

L’Allemagne a décidé de se passer de l’atome. C’est pourtant la première puissance économique européenne et, jusqu’en 2010, l’électricité nucléaire représentait plus de 22% de son mix énergétique. Mais depuis plusieurs années, le virage de la transition énergétique allemande est enclenché avec, d’un côté, une diminution des énergies fossiles et du nucléaire, et de l’autre, le développement massif des énergies renouvelables.

Nos 13 propositions

  • Proposition 1

    Adopter une « Loi climat » définissant une trajectoire et des actions - dont un budget carbone - permettant à la Belgique de se mettre en phase avec l’objectif d’une réduction des émissions de GES de minimum 55% en 2030 et de minimum 95% en 2050 par rapport à 1990

  • Proposition 2

    Adopter des objectifs contraignants pour l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, en ligne avec 55% de réduction des GES d’ici 2030 ainsi qu’avec l’objectif de limiter la hausse de la température à 1,5 C°.

  • Proposition 3

    Bâtir une Alliance Emploi Environnement « isolation » faisant des citoyens, des entreprises et des associations les partenaires privilégiés afin de généraliser l’isolation des maisons et bâtiments et la création d’emplois verts qui y sont liés.

  • Proposition 4

    Bâtir une Alliance Emploi Environnement « énergies renouvelables » faisant des citoyens, des entreprises et des asso-ciations les partenaires privilégiés afin de soutenir le développement accéléré des énergies renouvelables (en excluant le recours à l’importation d’huile de soja ou de palme pour les agrocarburants) et la création d’emplois verts qui y sont liés.

  • Proposition 5

    Étendre le principe du « signal prix » qui permet d’internaliser progressivement le coût des dégâts environnementaux, notamment en rendant le train moins cher que l’avion et en taxant le kérosène.

  • Proposition 6

    Diminuer la TVA sur les investissements dans les économies d’énergie de 21 à 6%.

  • Proposition 7

    Identifier l’ensemble des surfaces publiques bien orientées et les équiper graduellement en panneaux solaires sur une période de 6 ans.

  • Proposition 8

    Implémenter une nouvelle zone éolienne offshore de 2300 MW dans la zone belge de la mer du Nord.

  • Proposition 9

    Développer des projets pilotes d’autoconsommation collective d’énergie renouvelable et des coopératives de production d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique.

  • Proposition 10

    Soutenir les coopératives et les projets de transition à participation citoyenne par un fonds de financement de 200 millions d’euros alimenté par les émetteurs de GES.

  • Proposition 11

    Fermer les centrales nucléaires sans plus aucune prolongation de durée de vie. Doel 3 sera donc fermée au plus tard en 2022, Tihange 2 au plus tard en 2023, Doel 1, 2 et 4 et Tihange 1 et 3 au plus tard en 2025.

  • Proposition 12

    Appliquer le principe pollueur-payeur au secteur du nucléaire : l’entièreté des coûts de démantèlement des centrales et de gestion des déchets doit être à charge des seuls producteurs. Une responsabilité civile illimitée du secteur nucléaire sera par ailleurs introduite.

  • Proposition 13

    Désinvestir des énergies fossiles en priorité par une réorientation rapide de l’ensemble des fonds de pension publics vers des investissements durables, une incitation des autres fonds de pension à faire de même, et un reporting public des fonds d’investissement cotés en Bourse.

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