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Grande manif de la santé : nos réponses et propositions face aux revendications 🧑‍⚕️ 📣

29 mai 2021
Grande manif de la santé : nos réponses et propositions face aux revendications 🧑‍⚕️ 📣

Ce 29 mai, c’est la grande manif de la santé. Face aux différentes revendications du corps médical, en Belgique et à l’international, nous avons tenu à répondre clairement et avancer les pistes de solutions que nous soutenons chez Ecolo. 

 

Investissons dans nos institutions de soins. Du personnel médical au personnel d’accueil, logistique et hospitalier, nous devons être plus nombreux·ses et disposer des outils et moyens nécessaires !”

Oui, c’est tout à fait nécessaire. Le nouveau gouvernement l’a déjà promis, et la norme de croissance du budget de l’assurance maladie fixée désormais à 2,5 % est une avancée majeure par rapport au gouvernement précédent (1,5 %). L’austérité dans les politiques de soins de santé ne pouvait plus continuer. 

Récemment, le vote sur le Fond des Blouses Blanches est également une avancée importante qui libère 400 millions d’euros pour les soignant·e·s, en priorité pour les infirmier·e·s. Il est cependant clair qu’il faudra maintenir la pression dans les mois qui viennent pour que les soignant·e·s et le personnel des institutions voient le retour concret sur le terrain, mais aussi pour leur assurer un cadre de travail de qualité. Il faudra en outre réfléchir à l’amélioration de l’organisation des soins dans notre pays pour maintenir leur qualité avec un budget forcément impacté par la crise sanitaire, notamment en renforçant la première ligne.

Il faut renforcer les normes d’encadrement pour plus de soignant·es au chevet des patient·es ! Les normes d’encadrement sont datées, dangereuses et ne correspondent plus à la réalité du terrain.”

Oui, nous partageons ce souhait. Par exemple, les normes d’encadrement pour les infirmier·e·s en hôpital sont actuellement insuffisantes. Le fonds des Blouses blanches prévoit de sortir l’infirmier·e chef·fe de la norme d’encadrement afin de renforcer effectivement les équipes de soins. La qualité des soins aux patient·e·s dépend pourtant de cela ! Des soignant·e·s en nombre, bien formé·e·s, et bien dans leur peau, c’est la clef de voûte d’un système de santé efficace. Il est temps d’entendre l’épuisement du personnel, de mettre en place un soutien non seulement financier mais aussi psychologique (prévention du burn-out), et de maintenir une formation de qualité.

Stop à la charge administrative et informatique qui nous éloigne de l’essentiel de nos métiers !

Oui, il est évident que les dernières années ont vu une augmentation considérable de la charge administrative des soignant·e·s et que c’est un facteur de burn-out ou d’abandon de la profession. Le système, les parcours de soins mais aussi les maladies sont plus complexes et cela demande un temps considérable.

L’informatique est une révolution merveilleuse qui permet des améliorations notamment dans la communication entre soignant·e·s, mais le temps nécessaire à tout cet « encodage » est parfois sous-estimé. Pour cela, il est nécessaire également d’augmenter le soutien aux soignant·e·s via des aides administratives ou logistiques, afin de leur permettre de se concentrer sur leur vocation : être au chevet des patient·e·s. Le renforcement des aides administratives et logistiques est également pris en compte par le fonds Blouses Blanches

Revalorisation salariale pour les bas salaires et la fin des contrats précaires.

Oui, il existe des disparités énormes dans le monde de la santé entre les bas et les hauts salaires. Certaines professions doivent être revalorisées. Des progrès sont en cours via l’implémentation de l’IFIC (nouveaux barèmes), qui sera d’ailleurs achevée dès le mois de juillet 2021 dans le secteur privé, mais le travail ne peut pas s’arrêter à la mise en place de l’IFIC. Par ailleurs, l’avis du CFAI sur la différenciation de fonction dans l’art infirmier doit servir de base à des adaptations concrètes de la législation fédérale. La revalorisation passe aussi par le contenu de son travail, la reconnaissance de ses compétences et de son autonomie. En termes de précarité, Ecolo s’associe depuis toujours au combat des médecin·e·s assistant·e·s clinicien·ne·s candidat·e·s spécialistes (dits « MACCS »), afin d’améliorer leurs contrats de travail, et de leur offrir un statut plus protecteur.

🔗 Médecins candidats spécialistes: Ecolo-Groen propose une meilleure protection sociale et de meilleures conditions de travail

Pour un contrôle démocratique par les travailleur·euses et usagèr·e·s sur les budgets de santé. C’est à nous de décider !

Il est évident que l’avenir est à une implication de plus en plus importante des patient·e·s dans les décisions politiques en santé. Il s’agit encore trop souvent de consultation et non pas de concertation. Heureusement, des acteurs et actrices comme les syndicats et les mutuelles sont déjà bien impliqué·e·s dans les décisions budgétaires au niveau politique.

À un niveau plus local, nous encourageons l’implication de professions plus diversifiées dans les gestions hospitalières. Les médecins y sont nombreux, mais, par exemple, les infirmier·e·s ou autres professions de santé sont encore trop peu représentées. Nous défendons la présence de la profession infirmière dans les lieux de concertation et de décision où d’autres décident pour elles et eux comme les conseils médicaux des hôpitaux, cela a d’autant plus de sens car les infirmier·e·s sont les seuls professionnel·le·s à être actifs·ives dans tous les services de l’hôpital.

Pour des soins de qualité accessibles à toutes et tous : fin de la tarification à l’acte et de la médecine à plusieurs vitesses.

Nous sommes pour le fait de se diriger vers des financements mixtes dans le domaine de la santé. Le système d’acte montre certaines limites : il pousse parfois à la surconsommation, et crée de grosses disparités entre les professions « qui rapportent » (actes techniques) et celles qui rapportent moins (actes intellectuels). Mais chaque système a des avantages et inconvénients. Une réforme du financement hospitalier est en cours, il faudra réfléchir à un financement suffisamment diversifié pour éviter les écueils ou les dérives et surtout dans le but de prodiguer des soins plus globaux, et plus intégrés.

Il est capital de s’opposer aux médecines à plusieurs vitesses, et cela passe par le maintien d’une sécurité sociale nationale très forte. En santé, jouer le jeu de la marchandisation, c’est prendre le risque qu’une partie de la population qui ne peut pas se payer des soins soit tout simplement mal soignée. Un phénomène inquiétant, quand on voit par exemple le rachat de maisons de repos par de grands groupes à but lucratif qui créent des « chaînes » dans lesquelles le personnel est sous pression pour travailler toujours plus vite. La santé n’est pas à vendre !

Ouvrir les brevets, c’est bon pour la santé : levée des brevets sur les vaccins et sur la production pharmaceutique dans son ensemble ! Non aux profits sur notre santé !

Ecolo et son homologue « Groen » au niveau fédéral ont toujours milité pour que tous les traitements contre la COVID soient considérés comme « bien public mondial », en suivant les recommandations de l’OMS et les appels internationaux. C’était d’ailleurs l’objet d’une proposition de résolution approuvée en mai 2020 !

Les brevets sur les vaccins sont une partie de ce problème. Les débats en cours au niveau du Parlement Fédéral s’avèrent corsés et très complexes. Mais il est clair que les intérêts de quelques entreprises pharmaceutiques ne peuvent pas primer sur la santé publique mondiale, c’est une question avant tout éthique et morale que nous défendons avec conviction.

🔗 Ecolo-Groen demande la levée des brevets des vaccins COVID-19