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Famille ouïghoure livrée à la police chinoise: Ecolo demande des clarifications et réparation

Famille ouïghoure livrée à la police chinoise: Ecolo demande des clarifications et réparation

Famille ouïghoure livrée à la police chinoise

Ecolo demande des clarifications sur le rôle de la Belgique et que réparation soit faite

Ecolo exige que toute la lumière soit faite sur le rôle de la Belgique concernant la famille ouïghoure livrée à la police chinoise, et que des mesures urgentes soient prises pour la retrouver.

(c) Belga

Pour rappel, une famille issue de la minorité musulmane ouïghoure persécutée par la Chine a été livrée à la police chinoise le 29 mai dernier, alors qu’elle se trouvait à l’ambassade de Belgique à Pékin pour rejoindre le père qui réside à Gand avec un statut de réfugié politique. Bien que la mère ait demandé la protection de la Belgique et qu’elle ait refusé de quitter l’ambassade par peur de violation de ses droits fondamentaux, elle a néanmoins été refoulée et livrée à la police chinoise avec ses quatre enfants (5, 10, 12 et 17 ans). Depuis lors, ni elle, ni ses enfants n’ont pu entrer en contact avec leur mari et père, qui s’inquiète légitimement de leur situation.

Samuel Cogolati, chercheur en droit international à la KU Leuven et récemment élu Ecolo à la Chambre, insiste sur la responsabilité de l’Etat belge : « Notre ambassade à Pékin bénéficie, comme toutes les autres ambassades, d’une inviolabilité diplomatique qui ne permet pas aux forces de l’ordre du pays d’accueil d’y pénétrer sans invitation expresse. On se souvient, à titre d’exemple, de la protection accordée à Julian Assange durant des années à l’ambassade d’Equateur à Londres. Qu’une ambassade belge livre une femme et ses quatre enfants qui venaient demander la protection de la Belgique car ils sont issus d’une minorité persécutée par le Chine, dépasse l’entendement ! Un tel refoulement constitue à première vue une violation de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme et de l’article 33 de la Convention de Genève. »

« Cette mère de famille risque d’être enfermée dans un camp de ‘rééducation politique’, comme le sont au moins un million de personnes issues de l’ethnie ouïgoure », ajoute Simon Moutquin, nouvel élu Ecolo à la Chambre. « Sous couvert de lutte contre le terrorisme, les tentatives chinoises d’assimilation forcée de cette population musulmane sont intolérables : plus de 11 millions de personnes subissent quotidiennement répression, surveillance de masse et enfermement arbitraire. »

Les élus Ecolo rencontreront le père de la famille, Ablimit Tursun, ainsi que Vanessa Frangville, chargée de cours à l’Université libre de Bruxelles (ULB) et experte de la Chine, demain après-midi.

Ecolo appuie d’ores et déjà la demande d’Amnesty International pour qu’une enquête interne soit menée au sein du SPF Affaires étrangères pour faire toute la lumière sur ce qui s’est passé à l’ambassade de Belgique et, surtout, sur ce que sont devenus la mère et ses enfants. Les écologistes interpelleront dès que possible le Ministre des Affaires étrangères pour savoir qui a pris cette décision de livrer la famille à la police chinoise, et surtout, pour réclamer que soient prises des mesures urgentes pour retrouver et mettre cette famille en sécurité.

De son côté, Saskia Bricmont, nouvelle élue Ecolo au Parlement européen, demandera aussi des comptes à la Belgique sur la scène européenne : « Il en va de l’image de la Belgique, qui est aujourd’hui condamnée dans toute la presse internationale. La Belgique est membre du Conseil de Sécurité de l’ONU et se doit de faire de la protection des droits humains et de la Convention de Genève une priorité, y compris dans ses ambassades à l’étranger. Nous interpellerons dès lors la Haute représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Madame Mogherini, quant à la détérioration de la situation des droits Humains, civils et politiques en Chine et au suivi donné par l’UE. »

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