Certaines communes ou zones du pays pourraient être privées d’électricité pendant certaines heures en novembre. La Ministre de l’Energie, Marie-Christine Marghem (MR), semble avoir découvert il y a trois jours que seule 1 des 7 centrales fonctionnera en novembre, que notre sécurité d’approvisionnement est compromise, et rejette l’entière responsabilité sur Engie Electrabel.

Pour Jean-Marc Nollet, chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre : « Bien entendu qu’Engie Electrabel a une responsabilité fonctionnelle, mais la Ministre Marghem a clairement manqué d’anticipation et porte une responsabilité politique. Dans son aveuglement vis-à-vis du nucléaire, c’est elle qui a voulu prolonger les vieilles centrales de Doel 1 et Doel 2 en dépit du bon sens. La situation est aujourd’hui plus grave que lorsqu’elle est entrée en fonction ! »

CC Reporters / DPA

 

« Les citoyens attendent des solutions, pas une démission »

Le chemin vers la sortie du nucléaire est une nécessité et une opportunité à saisir maintenant.

Nous sommes à un moment charnière de notre avenir énergétique. Notre parc de production électrique est vétuste. Il arrive en fin de vie économique. Des investissements sont inéluctables.

Les écologistes ont analysé, évalué et chiffré tous les scénarios « sans nucléaire » envisageables. Ils affirment  sans détour qu’une sortie du nucléaire est non seulement nécessaire pour des raisons de sécurité, mais aussi qu’elle est parfaitement possible en 2025, sans impact majeur sur nos émissions de gaz à effet de serre ni sur la facture électricité des consommateurs, même en continuant à ignorer le coût vérité du nucléaire.

La sortie du nucléaire est indispensable si on veut réussir une transition énergétique juste, c’est-à-dire à moindre coût pour les citoyens et les entreprises (optimum économique), en minimisant l’impact environnemental (optimum écologique) tout en maximisant le retour « emplois » et en veillant à ne laisser personne sur le bord, dans la précarité énergétique (optimum social).

Pour sortir du nucléaire en 2025 et abandonner en 2050 de tout recours à l’énergie fossile pour la production d’électricité, les écologistes ont travaillé sur 3 scénarios :

  • la scénario « Terre », qui s’appuiera davantage que les autres sur toutes les filières terrestres : éolien onshore, solaire mais aussi géothermie profonde
  • le scénario « Mer », qui s’appuiera davantage que les autres sur l’éolien offshore, que ce soit sur « territoire belge » ou sur le plateau continental de la mer du Nord qui déborde de ce territoire de mer raccroché à la Belgique.
  • le scénario « Soleil », qui s’appuiera davantage que les autres sur la filière solaire, en ce compris dans son potentiel offshore (pour lequel des premiers projets commencent à être évoqués) et dans ses innovations technologiques prometteuses.

L’éolien et le photovoltaïque ayant un caractère variable, ils imposent de faire appel à d’autres sources d’énergie, davantage pilotables, pour assurer la sécurité d’approvisionnement pendant la phase de transition. C’est dans ce cadre que les unités de production au gaz, facilement modulables, restent intéressantes. Néanmoins, même avec cette contrainte, il est possible de sortir totalement du gaz fossile en 2050 tout en gardant les trois atouts de cette forme d’énergie (la capacité de stockage, une flexibilité des usages et un parc de production existant). Pour ce faire, nous aurons progressivement recours au gaz d’origine renouvelable, issu de biométhanisation comme de gazéification de la biomasse, et au gaz de synthèse (méthane) issu de la méthanation (procédé ‘power-to-gas’ ou ‘PTG’). D’autres vecteurs de synthèse que le méthane sont possibles, l’hydrogène par exemple, et nous y aurons recours en fonction de la pertinence des usages.

« Elia estime la demande en 2030 entre 89 et 90,4 TWh et en 2040 entre 94 et 97,6 TWh. Les modélisations que nous avons effectuées prouvent que nous sommes en mesure, dans nos 3 scénarios (terre, mer, soleil), de nous émanciper de l’énergie fissile dès 2025, puis des énergies fossiles en 2050 sans risque d’approvisionnement, sans augmenter la production de CO2 et sans perte d’emplois », conclut Jean-Marc Nollet.

Retrouvez l’ensemble de l’étude sur le site ecolo.be

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