La ministre de la Santé publique Maggie De Block annonce, dans le cadre de sa note de politique générale, préparer un arrêté royal qui instaurera pour les étudiants en médecine l’obligation d’obtenir une “attestation de contingentement”. A partir de 2025, cette attestation sera obligatoire pour obtenir une place de stage et un numéro Inami, et ainsi facturer ses prestations à l’assurance maladie.

« Cette nouvelle proposition s’apparente à un nouveau numerus clausus qui ne dit pas son nom. Elle mettra les (futurs) professionnels de la santé en difficulté et risque d’affecter une offre médicale dont on sait qu’elle est insuffisante dans certaines régions et dans certaines spécialités. C’est pour nous inacceptable », commente Sarah Schlitz, député fédérale Ecolo.

Plutôt que des quotas, les écologistes plaident de longue date pour une planification territoriale de l’offre de soin pour pouvoir répondre aux besoins réels de la population. A cet égard, Ecolo rappelle que le Conseil d’État avait remis un avis cinglant sur l’avant-projet de loi réformant les quotas Inami, et pointait le risque de recul d’offre médicale si les réalités territoriales ne sont pas intégrées dans les critères d’évaluation et de planification. Il soulignait également l’atteinte à l’exercice des compétences des entités, dont la Wallonie et Bruxelles, en pénurie de médecins.

Avec cette nouvelle proposition instaurant de nouveaux verrous, la Ministre de la Santé Maggie De Block (Open VLD) et le MR semblent se moquer du conseil d’État au détriment de la santé des citoyens et des étudiantes et étudiants en médecine, dont bon nombre entament déjà le cursus pour rien.

« De nombreux rapports et études, de l’OMS notamment, pointent les pénuries, et montrent qu’il existe un réel problème d’accès aux soins et d’équité entre les citoyens selon les lieux où ils résident, leur capacité à se déplacer ou leurs moyens financiers. Et cela se vérifie sur le terrain local. Nous devons garantir un accès à des soins de santé de qualité. La solution passe notamment par une évaluation territoriale des besoins en soins de santé et une planification de l’organisation des offres de soins de première ligne qui se base sur ces évaluations de terrain. Une même approche doit également être développée pour élaborer une offre territoriale de soins spécialisés en milieux hospitaliers », poursuit Sarah Schlitz.

« Pour rappel, au niveau des études, nous plaidons pour une réorganisation complète des différentes filières d’école de la santé, en s’appuyant sur un tronc commun réel et une orientation bien plus progressive des étudiants tout au long de leur cursus, » précise Philippe Henry, député Ecolo à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

« Il est impossible d’organiser une politique de santé conforme aux exigences de qualité, d’accessibilité et d’équité en s’obstinant dans le système actuel ou dans un système de contingentement tel que proposé par Maggie De Block. L’approche par bassins de soin permet une meilleure répartition et plus de complémentarité dans les offres. Sachant qu’il faut au moins 10 à 15 ans pour former un médecin, l’inertie répétée et les choix idéologiques du Gouvernement fédéral risquent de sacrifier non seulement toute une génération d’étudiants mais de mettre à mal une politique de santé publique adaptée aux besoins. C’est la raison pour laquelle nous nous opposons avec vigueur ! », concluent Sarah Schlitz et Philippe Henry.