Enseignement

  • Proposition 1

    Favoriser les projets de transition pédagogique et les projets qui combattent les inégalités produites par le marché scolaire : réorganisation de l’offre scolaire en bassins de vie ; coopération entre enseignants et entre écoles ; projets pédagogiques innovants, ambitieux et mobilisateurs (y compris dans les écoles en difficulté) ; nouvelles écoles à projets innovants, là où il y a des besoins (tensions aux inscriptions et boom démographique) ; revalorisation de l’enseignement qualifiant.

  • Proposition 2

    Réaménager les écoles et les types d’activités pour réduire le stress des enfants et améliorer leur bien-être (bruit, sanitaires, accès à la nature, qualité de l’air, cantine de qualité, intégration d’activités extrascolaires, activités de pleine conscience et de méditation dès la maternelle,...)

  • Proposition 3

    Assurer la gratuité totale du matériel et de l’équipement scolaires ainsi que des activités extrascolaires tant pour les élèves que pour les enseignants.

  • Proposition 4

    Évaluer régulièrement, publiquement et de manière participative (enseignants, parents, directions et élèves) les acquis et défauts du Pacte d’excellence, en particulier quant à la mise en œuvre du tronc commun jusqu’à 15 ans.

  • Proposition 5

    Revoir les rythmes scolaires annuels (cycle 7 semaines de cours - 2 semaines de congés), ainsi que les rythmes journaliers (journées plus étalées et agrémentées d’activités extrascolaires).

  • Proposition 6

    Encourager les « Jardins d'enfants » pour les pré-maternelles et les maternelles en prévoyant un encadrement adéquat afin d’assurer un accueil de qualité qui permette, par le jeu et en respectant le statut d’enfant, d’acquérir les bases sociales et de langage nécessaires à l’appréhension des connaissances futures.

  • Proposition 7

    Renforcer structurellement le soutien administratif aux directions des écoles fondamentales et permettre ainsi à celles-ci de consacrer davantage d’énergie dans l’innovation pédagogique et le soutien aux équipes.

  • Proposition 8

    Créer des écoles totalement bilingues à Bruxelles et renforcer partout l’apprentissage des langues, notamment en soutenant la création de filières en immersion.

  • Proposition 9

    Rendre obligatoire l’inscription à l’école dès l’âge de 3 ans.

  • Proposition 10

    Lutter contre le décrochage des jeunes enseignants par un meilleur accompagnement lors de l’entrée en fonction, par un tutorat individualisé, un horaire adapté et une révision du décret « titres et fonctions » qui sorte de la segmentation que son contenu actuel induit et qui stabilise plus rapidement l’emploi.

  • Proposition 11

    Renforcer la formation des enseignants favorisant le recours à des pédagogies actives inclusives et des pratiques collaboratives.

  • Proposition 12

    Renforcer la formation entre pairs et donner du temps de concertation et de formation continuée (outiller les enseignants et créer des espaces d’échanges et de travail).

  • Proposition 13

    Investir davantage dans les projets d’inclusion scolaire et repenser les services de transports scolaires des enfants de l’enseignement spécialisé pour réduire les trajets longs et pénibles.

  • Proposition 14

    Rendre obligatoire l’élaboration et l’utilisation d’outils pédagogiques et de pratiques éducatives qui cassent et bannissent les stéréotypes sexistes.

  • Proposition 15

    Initier une formation de bachelier en accueil de l’enfance.

  • Proposition 16

    Refinancer l’enseignement supérieur, y compris le budget des bourses d’étude.

  • Proposition 17

    Assurer une véritable mixité sociale dans l’accès au programme d’échange Erasmus.

  • Proposition 18

    Améliorer le statut social du chercheur et en particulier de la chercheuse tout au long de sa carrière.

Des outils pour la vie

Dans un monde rythmé par une accélération des changements, notre modèle scolaire doit sans cesse évoluer. Or, l’ennui affirmé de trop nombreux élèves, le désarroi de beaucoup d’enseignants et la frustration des parents sont autant de signes que l’école A besoin de faire sa mue.

Tanguy Wera, enseignant en 5e humanité n’en démord pas : « Le cadeau le plus utile que l’on puisse faire à un élève, c’est de lui donner les outils pour qu’il puisse être polyvalent. La société va inévitablement être amenée à changer, et lui-même devra s’adapter. Il n’exercera sans doute pas le même métier pendant 40 ans… et on n’a même pas idée, aujourd’hui, des problèmes et des questions qu’il devra affronter demain. »

Dépasser les doutes

Dès le plus jeune âge, chez l’enfant, tout est apprentissage. Alors l’école doit tout mettre en oeœuvre pour que cet apprentissage se déroule de la façon la plus enrichissante possible. Ça passe, d’une part, par un environnement adapté, des bâtiments et un matériel de qualité.

Mais surtout, ça passe par la place que les puéricultrices, puis les instituteurs, puis les professeurs, acceptent de donner et de prendre dans la relation prof-élève. « L’école doit donner un maximum d’outils. Le rôle de l’enseignant, ce n’est pas uniquement de remplir le crâne des élèves de connaissances : on le sait depuis Montaigne ! Au contraire, le prof doit développer les capacités critiques de l’élève, lui permettre de les approfondir, donner confiance et remettre en question. Ce n’est pas le prof qui doit être au centre de la classe, c’est l’élève, dans sa singularité. Et il s’agit à la fois de lui donner confiance et de lui transmettre le plaisir de chercher, d’explorer, d’inventer et d’apprendre toute sa vie » insiste Tanguy. Et outiller les élèves pour participer à la vie démocratique, sociale et économique de la société, c’est aussi former des citoyens capables de transformer le monde, pas seulement de s’y adapter pour le reproduire.


Créer demain

Changer l’enseignement, pourtant, cela fait peur. Et c’est bien normal : nous confions à l’école un rôle tellement grand ! En plaçant entre ses mains nos enfants et leur avenir, c’est tout le futur de la société qui s’y dessine.

Dès lors, comment dépasser ces craintes ? Pour Tanguy Wera, la réponse est évidente : « La solution, la clé, c’est le plaisir ! Je m’amuse beaucoup dans mon boulot. Et c’est à la fois beaucoup plus agréable et beaucoup plus enrichissant d’aller véritablement à la rencontre de ses élèves que de répéter sans cesse le même cours. Les profs craignent parfois de ne pas apparaître comme suffisamment crédibles face à leur classe.

Et, il faut bien l’avouer, dans certains domaines, ce public nous dépasse déjà. À travers la technologie, ou toute une série d’éléments culturels… L’élève n’est pas un adversaire à impressionner, mais un partenaire qui m’apprendra autant que j’ai à lui apprendre. C’est du win-win : une relation de respect, d’écoute et d’attention mutuelle peut s’installer et garantir le meilleur des deux parties. Pourquoi enseigner devrait-il être rébarbatif, pour l’élève comme pour le prof ? Non, c’est sûr : prendre du plaisir à enseigner, c’est essentiel. »

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