Les portes du 96ème Salon de l’Auto viennent de se fermer et évoquent 542.000 visiteurs, dont 40 % se sont dit prêts à acheter une nouvelle voiture ou moto dans l’année. En Belgique, le nombre de demandes d’immatriculation de voitures neuves augmente (+7,9 % en 2016 par rapport à 2015), tandis que celui concernant les véhicules d’occasion diminue (-4 % sur la même période). En parallèle, quelque 150.000 véhicules ‘de seconde main’ sont envoyés vers l’Afrique chaque année, ce qui représente 50 % des véhicules débarqués sur le continent africain via le port d’Anvers.

CC0 Pixabay

Pour Ecolo, il est temps de sortir de cette logique linéaire et d’introduire plus de circularité dans le secteur de l’automobile, notamment en encourageant la réutilisation de pièces détachées des véhicules. Dans un premier temps, les écologistes proposent de lancer une expérience pilote en Région bruxelloise, avant de la généraliser sur le reste du territoire. « La Région bruxelloise dispose en effet d’un programme d’économie circulaire, dans lequel nous pourrions introduire la circularité appliquée aux véhicules comme filière prioritaire. Dans les faits, Bruxelles est également, dans le quartier Heyvaert le long du canal, la première place marchande européenne dans le commerce de véhicules d’occasion, qui se concentre dans le rachat, la revente et la préparation des véhicules destinés à l’exportation, » commente le député bruxellois Ecolo Arnaud Pinxteren. « Il y a là tout un savoir-faire qui pourrait se développer de façon avant-gardiste et ainsi participer durablement à l’essor de la Région, et ensuite de notre pays dans son ensemble, » poursuit Arnaud Pinxteren.

 

En voulant faire des pièces détachées des automobiles une nouvelle filière prioritaire du plan régional d’économie circulaire (PREC), les écologistes pointent trois bénéfices principaux: créer de nouveaux emplois durables ; développer une filière économique au service des citoyens, de l’économie locale et de l’environnement ; garantir des pièces détachées moins chères en assurant un même niveau de sécurité.

 

Concrètement, Ecolo souhaite faire adopter un cadre légal ou incitatif concernant l’utilisation de pièces de rechange automobiles à l’instar du modèle français mis en place l’année dernière qui oblige les garagistes à proposer deux prix de réparation, l’un avec de pièces neuves et l’autre avec des pièces réutilisées.

 

Les écologistes anticipent également les changements économiques mondiaux quant au commerce de l’exportation vers le continent africain. En effet, les pays du Nord adoptent de plus en plus de législations limitant les émissions des véhicules en circulation, et cherchent donc à se débarrasser, via l’exportation, d’un parc automobile particulièrement polluant. De leurs côtés, les pays africains, notamment poussés par l’OMS et l’ONU, réfléchissent à la façon de canaliser ce commerce très particulier. « Il importe donc d’anticiper les évolutions de ce marché et d’œuvrer, dès aujourd’hui, au développement d’une filière économique rentable et durable. Introduire et encourager la circularité dans ce secteur permettra d’ancrer durablement des emplois et un savoir-faire, en offrant aux entreprises belges du secteur une alternative économique locale, durable et responsable, » conclut Arnaud Pinxteren.

Commentaires

Commentaires

Share This