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Ecolo propose la création d’un gouvernement wallon ouvert à la société civile

Ecolo propose la création d’un gouvernement wallon ouvert à la société civile

Dès le 27 mai et les premiers rendez-vous post-électoraux, les écologistes ont privilégié le choix du fond, du contenu et des solutions plutôt que celui de la communication, tout à l’inverse de ce que d’aucuns ont malheureusement fait, avec les excès et les conséquences que l’on a pu voir.

Les Verts constatent avec regret que la séquence post-électorale s’est, du côté wallon, bien trop vite emballée alors que notre devoir est de construire une feuille de route pour les cinq années à venir. Le temps n’a pas pu faire son œuvre. Les choix qui ont été faits rendent le PS et le MR incontournables, ce qui conduit à un appauvrissement de la dynamique démocratique et à une négation du signal envoyé par l’électeur.

« J’ai pris pas mal de contacts ces derniers jours dans le très riche vivier associatif wallon et j’en prendrai encore dans les jours qui viennent, y compris auprès d’acteurs plus institués. Comme beaucoup de ces acteurs, nous avons difficile à nous résoudre à considérer que PS et MR soient devenus incontournables, niant à ce point les signaux envoyés par les électeurs », analyse Jean-Marc Nollet.

Pour Ecolo, le message de l’électeur tient en trois points :

1) Le Gouvernement sortant (MR-CDH) est très lourdement sanctionné (il ne représente même plus 1/3 des électeurs). Il faut changer de cap !

2) Les électeurs ont donné une orientation très claire à ce nouveau cap : plus d’écologie et plus de solidarité.

3) Le désenchantement par rapport à la politique et aux partis traditionnels est très fort.

« On peut parler de véritable décrochage démocratique quand plus d’un demi million de Wallons ne se sont pas déplacés, ont voté blanc ou nul. C’est la première fois qu’on dépasse cette barre du demi million, on ne peut pas simplement le constater sans changer la manière de faire de la politique », poursuit Jean-Marc Nollet.

Nous devons réconcilier citoyens, société civile et politique. Nous avons besoin d’un nouveau contrat, qui soit écologique, social et démocratique. Ce nouveau contrat doit être construit avec la société civile. « Face à la gravité et à la complexité de la situation, nous avons besoin de responsabilité d’une part, de créativité et d’inventivité d’autre part. Nous proposons dès lors d’ouvrir la majorité et le Gouvernement à la société civile et de construire avec elle ce nouveau contrat écologique, social et démocratique dont la Wallonie a besoin. Concrètement, nous aurions une série de ministres indépendants, issus de la société civile, garants de la réalisation d’une Déclaration de Politique Générale et Sociétale », propose Jean-Marc Nollet.

La démocratie a besoin d’être oxygénée et approfondie. Nous devons travailler autrement, et en finir avec l’idée d’un Parlement presse bouton. Il faut sortir des clivages majorité-opposition. On l’a déjà fait en Wallonie avec la Commission Publifin, le Climat ou la transparence administrative,… Demain, il faudra aussi y parvenir sur la biodiversité, le logement, le redéploiement économique,… Mais nous voulons aller encore plus loin, en intégrant la participation citoyenne à travers des panels citoyens, des commissions mixtes (moitié de parlementaires, moitié de citoyens), des consultations populaires régionales et même des décrets rédigés et déposés par les citoyens eux-mêmes qui viendraient les défendre au Parlement de Wallonie.

« Nous pouvons faire de la contrainte politique actuelle une opportunité. La complexité de la situation ne peut pas être une excuse pour ne rien faire, tout au contraire. Le CDH pourrait être un acteur central de cette autre manière d’envisager le fonctionnement démocratique en Wallonie. Mais la proposition s’adresse en fait à chaque député individuellement, et collectivement: aux communistes, à Défi (car la logique pourrait être la même en Fédération Wallonie-Bruxelles) et à certains libéraux s’ils sont intéressés », conclut Jean-Marc Nollet tout en précisant qu’il faut offrir le temps nécessaire pour construire avec ceux qui le souhaitent cette autre manière d’envisager le futur de la Wallonie dans le respect des signaux envoyés par les électeurs.