L’AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire) doit se transformer et devenir l’Agence Fédérale pour la Santé et la Confiance en notre Alimentation.

Après la crise de la dioxine, la maladie de la vache folle, la fraude à la viande de cheval, le scandale des oeufs contaminés au Fipronil, les derniers scandales alimentaires concernant la filière viande, et notamment sa transformation (Veviba et Derwa), mettent une énième fois en évidence la nécessité de changer profondément le système de production, de transformation et de distribution, mais également de réformer l’AFSCA pour la rendre plus efficace.

“Nous ne pouvons pas accepter que le profit dépasse les préoccupations environnementales, sociales et de santé publique. Nous ne pouvons plus accepter l’opacité et les dysfonctionnements qui permettent à ces scandales alimentaires de se développer”, commente Muriel Gerkens, députée fédérale Ecolo. “Nous devons nous réapproprier notre alimentation, que nous soyons consommateurs ou producteurs. L’AFSCA doit se transformer en une Agence Fédérale pour la Santé et la Confiance en notre Alimentation. Elle doit se donner les moyens de protéger réellement le consommateur, mais aussi les producteurs et agriculteurs respectueux et honnêtes”, ajoute Muriel Gerkens.

Ecolo et Groen travaillent depuis longtemps sur des propositions concrètes pour mettre en place une autre vision du système alimentaire.

Les écologistes pointent trois réformes prioritaires:

  • Contrôles adaptés et contrôles différenciés

Ecolo-Groen propose une séparation dans les modes d’approche et de contrôle des productions artisanales en circuits courts (circuits directs) et des productions industrielles, avec deux cahiers de charge différents.

Par ailleurs, la ‘checklist’ des obligations et des éléments à contrôler doit être organisée différemment selon les modes de production et la maîtrise des processus. Il est important de se concentrer sur le contrôle des produits finaux et de leur qualité alimentaire et sanitaire, et pas seulement sur les processus standardisés de fabrication.

  • Auto-contrôle

La forme actuelle de l’auto-contrôle est devenue une manière pour les acteurs de grande taille d’échapper aux contrôles “trop” fréquents de l’AFSCA. Ceci d’autant plus que la certification et la validation de la qualité de ces auto-contrôles ne sont pas obligatoires et ne sont pas vérifiées.

L’obligation de certification et de validation des auto-contrôles doit être imposée et respectée par des organismes de certification et des validations d’auto-contrôles externes.

Le recours à l’auto-contrôle avec allègement des contrôles effectifs doit s’accompagner d’exigences de gouvernance des entreprises : maîtrise des étapes de la chaîne, gestion participative et coopérative

  • Tutelle

Pour les écologistes, l’AFSCA et la politique de sécurité alimentaire reviennent sous la tutelle du Ministère de la santé. C’est, pour eux, le seul moyen d’éliminer les risques de confusion d’intérêts dans l’appréciation des risques, mais également dans les mesures régulatrices et de contrôle à imposer au secteur agricole et agro-alimentaire.

Les préoccupations de politiques alimentaires doivent en outre s’inscrire dans une implication transversale, en plus des Ministres de la santé et de l’agriculture, des Ministres compétents en faveur de la protection des consommateurs, de la lutte contre les monopoles, des critères de qualité dans les marchés publics alimentaires, ainsi que du suivi des plaintes en justice.

“L’enjeu n’est pas de corriger quelques dysfonctionnements du système agro-alimentaire industriel et du système de contrôle. C’est le fonctionnement même de ces deux systèmes qui doit changer. La concentration et l’industrialisation de la filière permet à ce type de dérives de se développer. La ‘nouvelle AFSCA’ doit, quant à elle, dépasser l’unique obsession de traçabilité pour intégrer la préoccupation de la qualité et mieux développer l’accompagnement des acteurs de la chaîne agro-alimentaire vers cette qualité. La santé publique doit primer sur les intérêts purement économiques qui privilégient la rentabilité de quelques-uns et la course au prix le plus bas. Notre système alimentaire est arrivé à un tournant. Optons pour un système durable et cohérent, mais aussi pour la juste rémunération des agriculteurs, producteurs et transformateurs, le respect de la terre et de la santé des consommateurs”, conclut Muriel Gerkens.

Retrouvez l’ensemble des propositions de réforme d’Ecolo-Groen ici.

 

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