Hélas, sa mise en application a provoqué d’importantes et légitimes inquiétudes parmi de nombreux enseignants débutants et pose des difficultés d’organisation dans les établissements. Des corrections ont dès lors été apportées aujourd’hui au décret par la majorité PS-cdH. Ces dernières visent notamment à protéger – à titre transitoire – les membres du personnel temporaire déjà engagés en 2014-2015 bénéficiant d’une certaine ancienneté et à garantir les titres pour les scissions de fonction, entre autres pour les enseignants des cours de langues.

Pour Barbara Trachte, députée Ecolo à la Fédération Wallonie-Bruxelles, « ces modifications étaient absolument nécessaires, considérant les difficultés qui nous reviennent du terrain. Il faut assurer aux enseignants débutants – dont l’entrée en fonction est déjà un parcours du combattant – qu’ils vont pouvoir garder leurs heures avec cette réforme ».

Les amendements déposés ce mardi par la majorité ne résolvent néanmoins pas tout. Une série d’incohérences subsistent au niveau de la définition des titres (diplômes) requis, suffisant ou de pénurie, que les enseignants doivent détenir pour pouvoir enseigner une certaine matière. En effet, suite à l’adoption du décret, un important travail de ‘listing’ des compétences disciplinaires et pédagogiques permettant de définir plus de 5000 fiches titres a été réalisé. « Parmi ces fiches, il est compréhensible que des erreurs se soient glissées. Elles doivent pouvoir être corrigées, » poursuit Barbara Trachte. « Nous avons reçu des dizaines de témoignages concernant ces incohérences. Ces erreurs pourraient obliger certains étudiants ou jeunes diplômés se destinant à l’enseignement à repenser leur choix de carrière en cours de route. C’est évidemment inacceptable. »

A titre d’exemple, des diplômés en Sciences Sociales ne pourront plus donner le cours de ‘formation sociale et économique’, désormais réservé aux diplômés en sciences économiques. Les diplômés en Sciences Politiques ayant choisi certaines options en Master n’auront plus le titre suffisant pour enseigner les sciences sociales, tandis que les juristes le pourront. De nombreux diplômes passent également à la trappe pour l’éducation artistique ou les cours d’informatique, parce que les options ne sont plus prises en compte de la même manière.

« Reporter la réforme d’un an, comme le demandait le MR, est excessif, considérant les efforts mis en place depuis janvier par les établissements pour appliquer la réforme. Pour notre part, « nous exigeons des garanties quant à la correction rapide des incohérences, pour les enseignants débutants mais également pour les jeunes diplômés, conclut Barbara Trachte.

La CITICAP – Commission Inter réseaux des Titres de capacités – sera chargée de répondre aux recours reçus d’ici le 22 juin. Ecolo a rappelé aujourd’hui l’importance que ces décisions soient publiées le plus largement possible pour répondre aux inquiétudes des étudiants et connues avant le vote en plénière, prévu le 29 juin prochain.