Après de longs mois de travaux, les conclusions de la Commission PanamaPapers font l’objet d’un débat et d’un vote ce jeudi en séance plénière de la Chambre. Pour les écologistes, à cause de la frilosité voire du sabotage des membres de la majorité, les recommandations de la commission ne sont pas à la hauteur des enjeux. Et comme le montrent les révélations à répétition de nos journaux, la lutte contre l’incivisme fiscal est loin d’être terminée.

C’est la raison pour laquelle Ecolo-Groen propose la mise en place d’une Commission permanente dédiée à la lutte contre la fraude fiscale.

« Même si certaines recommandations, comme celles qui prévoient la mise en place d’un reporting pays par pays pour les multinationales ou la protection des lanceurs d’alerte, ne sont pas dénuées d’intérêt, ces conclusions auraient dû être beaucoup plus ambitieuses. Pour compenser ce manque, nous réclamons la mise en place d’une Commission parlementaire permanente, chargée de s’assurer du suivi de l’action du Gouvernement contre la fraude mais aussi d’étudier les nouveaux dossiers de fraude, comme les récents Paradise Papers, » explique Georges Gilkinet, député fédéral Ecolo et vice-président de la Commission PanamaPapers.

La grande fraude fiscale coûte en effet, chaque année, 20 milliards d’euros aux finances publiques belges. Soit 2.000 euros par citoyen(ne) belge, deux fois le coût annuel de l’enseignement francophone ou des moyens nécessaires à la finalisation des travaux du RER. C’est énorme et cela pénalise l’immense majorité des contribuables honnêtes, les artisans et les PME qui s’acquittent correctement de leur contribution et ne recourent pas aux pratiques illégales ou immorales analysées par la Commission PanamaPapers.

« Il est temps de mettre fin à l’hypocrisie qui consiste à faire croire qu’on lutte contre la fraude sans réellement s’en donner les moyens, voire en démembrant les services fiscaux, policiers ou judiciaires chargés de traquer ou de punir les fraudeurs. Le ras-le-bol des citoyens belges de cet incivisme fiscal est aussi tangible que légitime. La réponse du Parlement et des autorités publiques en général doit être à la hauteur de cette indignation. L’opacité est le meilleur atout des fraudeurs. Jeter la lumière sur leurs pratiques, assurer la transparence des revenus financiers et veiller à ce que tous les revenus contribuent justement aux besoins collectifs, c’est plus que jamais l’objectif des écologistes. Nous faisons de la lutte contre la fraude fiscale une priorité ! » conclut Georges Gilkinet.

 

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