Ce vendredi 13 juillet, le Parlement bruxellois a voté à l’unanimité la résolution Ecolo visant à favoriser les relations entre enfants et parents détenus. Si on l’oublie parfois, les détenus sont en effet aussi des papas ou des mamans ; une double peine pour ces détenues et détenus qui cumulent privation de liberté et privation de toute relation avec leurs enfants.

Ce sont 15 000 à 20 000 enfants qui ont un parent détenu, pour les quelque 11 000 détenus que compte la Belgique. L’incarcération d’un parent a des conséquences désastreuses pour l’enfant. Outre la précarisation, ces situations ont un impact psychique, et peuvent être à l’origine de difficultés scolaires.

« Il est fondamental, en termes de droits de l’Enfant et d’une possible réinsertion sociale réussie du détenu, de préserver et développer le lien entre l’enfant et le parent détenu. Ce travail est actuellement mené par quelques associations et principalement par l’asbl Relais enfants-parents avec des moyens qui sont clairement insuffisants vu l’ampleur des situations. Il s’ensuit que les travailleurs de ces associations travaillent dans des conditions trop difficiles », commente Magali Plovie, députée bruxelloise Ecolo.

La résolution déposée par Ecolo et votée à l’unanimité par le Parlement vise à améliorer l’accueil des enfants lors des visites en prison et l’information à leur fournir, à renforcer les structures ayant pour mission le maintien et le développement du lien entre l’enfant et son parent détenu, mais aussi le maintien de ce lien à sa sortie. Elle vise également la situation particulière de l’incarcération des femmes avec leurs enfants en bas-âge en proposant des alternatives à la détention quand c’est possible ou une autre forme de détention (maison mère-enfant) en s’inspirant d’expériences étrangères.

« Cette résolution met en exergue ces problématiques et demande aux autres niveaux de pouvoir, compétents en la matière, d’améliorer la situation actuelle, de mener des réflexions et de prévoir un financement adéquat. Si l’idéal est de transformer en profondeur le système carcéral, nous proposons ici de mettre en place les conditions idéales pour faire respecter ces objectifs. L’intérêt supérieur de l’enfant, consacré par la Convention relative aux droits de l’enfant (1989), doit rester notre boussole et être un principe juridique incontournable. Il est crucial que les enfants de détenus puissent bénéficier des mêmes droits que les autres enfants », conclut Magali Plovie.

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