Ainsi tous les parlementaires et employés (plus de 125 PC) sont désormais équipés d’ordinateurs tournant exclusivement sous GNU/Linux et qui utilisent uniquement des logiciels libres. Ceux-ci ont ainsi remplacés intégralement les solutions privatives et souvent attentatoires à la vie privée que vendent des multinationales monopolistiques comme Microsoft, Apple ou Google. Le budget annuel de plusieurs dizaines de milliers d’euros de frais de licences, autrefois payées à ces multinationales, a pu être consacré à de la consultance et au financement de développements de logiciels profitant à des PME belges et partagés avec la collectivité du libre.

Un rôle de pionnier

En installant Linux (Debian 8 sous Gnome) sur des ordinateurs de 5 ans d’âge devenus poussifs sous Windows XP, nous leur avons donné une seconde jeunesse. Plutôt que de devoir les remplacer par des machines neuves plus puissantes pour pouvoir installer une nouvelle version de Windows – ce que Microsoft impose régulièrement à ses utilisateurs en arrêtant le support des versions précédentes – Ecolo emploie ainsi au mieux leurs ressources et capacités et va jusqu’à doubler leur durée de vie.

Les logiciels libres sont aujourd’hui largement présents sur les serveurs dans les datacenters, mais encore trop peu répandus sur les ordinateurs individuels des entreprises et des administrations. Ecolo démontre par les actes qu’il est possible pour une PME belge de franchir le pas, d’assurer sa sécurité et sa transparence tout en développant localement des outils pour tous.

Comme la ville de Munich, la Gendarmerie française et la NASA avant lui, le parti Ecolo entend jouer un rôle de pionnier dans l’utilisation des logiciels libres. Il est tout à fait possible de fonctionner au quotidien avec une informatique libre qui contribue à lutter contre les monopoles et la privatisation de la connaissance, tout en apportant plus de sécurité, plus de protection de notre vie privée, en garantissant un environnement de travail informatique agréable à l’organisation et à ses utilisateurs.

La minute technique

Dès 1999, l’équipe informatique d’Ecolo a choisi d’utiliser des logiciels libres pour le développement de sa base de données, ensuite le serveur mail collaboratif Microsoft Exchange a été remplacée par des équivalents en logiciel libres, d’abord Zarafa, puis Sogo et Dovecot.
Un service de cloud privé basé sur Pydio a été mis en place.

Sur les serveurs, Microsoft Windows est remplacés par la distribution Linux Debian, la gestion des machines et comptes utilisateurs Microsoft Active Directory a été remplacée par des solutions LDAP libres, d’abord FreeIPA puis un OpenLdap intégré à Fusion Directory qui intègre aussi le provisioning des desktop avec FAI. Le parc est géré à distance par Saltstack qui remplace avantageusement la GPO de Microsoft.

Pour nous assister dans la migration au logiciel libre de ces infrastructures, nous avons notamment fait appel aux services d’Uniwan, PME wallonne et Opensides, PME bruxelloise, encourageant l’emploi local plutôt que le payement de licences à un groupe américain.

Après les serveurs, le point délicat était la migration des PC des utilisateurs. Elle s’est faite progressivement : alors que les PC étaient encore sous Windows, nous avons d’abord remplacé Microsoft Internet Explorer par Mozilla Firefox et Microsoft Outlook par MozillaThunderbird. Ensuite Microsoft Word et Excel, par LibreOfffice, et tous les utilisateurs se sont vu offrir une formation à l’utilisation de ces nouveaux logiciels libres. Pendant ce temps un groupe de 15 utilisateurs pionniers testaient déjà leur PC sous Linux.

L’expérience fut instructive et concluante, et il fut proposé au Conseil de fédération (le parlement interne d’Ecolo) de migrer totalement à Linux. Cette décision fut approuvée à une large majorité. En quelque mois tous les PC furent migrés de Windows à Linux, et tous les utilisateurs formés au nouveau système.

Avec le recul de quelques mois d’utilisation, les retours des utilisateurs sont majoritairement positifs et l’équipe informatique d’Ecolo a même eu droit à des félicitations officielles du service politique, ce qui n’est pas si courant dans les organisations où les départements informatique sont plus souvent l’objet de critiques !

Par ailleurs, Ecolo a fait développer par Acsone, société basée à Bruxelles une application métier de gestion des membres, élections, mandataires, etc sous licence libre, appelée Mozaik, construite sur base du progiciel Odoo, logiciel libre belge qui connaît un succès mondial.
L’application Mozaik est téléchargeable sur internet et mise gratuitement à disposition des autres parti politiques et ONG, à condition que s’ils améliorent le logiciel, ces améliorations soient elles aussi publiées et profitent à tous.

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