Notre protection sociale, basée sur les modèles de travail salarié, de famille traditionnelle et un besoin de croissance économique perpétuelle, est en décalage avec les évolutions de notre société et ne tient pas compte des limites écologiques de notre planète.

Familles recomposées, colocation, habitat intergénérationnel, habitat solidaire,…. ces nouvelles formes se sont multipliées. Mais notre système de protection sociale ne s’est que timidement adapté. Le monde du travail rencontre lui aussi de profondes mutations : automatisation des tâches, délocalisation, hybridation des statuts et des parcours, activités complémentaires, impact du numérique et de la robotisation, etc.

Face à ces changements, il est temps de passer à un modèle de protection sociale plus plus solidaire et plus durable. Parmi les propositions sur la table pour repenser nos solidarités, il en est une particulièrement audacieuse et novatrice qui suscite de nombreux débats : le revenu de base, inconditionnel, individuel et universel qui garantit à chacun un revenu, quelle que soit sa situation professionnelle ou familiale…

Notre modèle actuel de protection sociale a besoin d’une croissance économique forte pour se déployer totalement. Or, un haut niveau de croissance n’est plus possible et pose de toutes façons de graves problèmes écologiques. Cette dépendance de nos dispositifs économiques et sociaux au modèle du tout-à-la-croissance produit actuellement de fortes tensions qui ne se résorberont pas avec plus de compétitivité et de production. En ce sens, pour les penseurs du post-productivisme (ou de la prospérité sans croissance), le revenu de base, assorti au partage du temps de travail, constitue la réponse au train fou de la croissance avançant dans le brouillard.

Un monde post-croissance ne signifie pas un monde sans initiatives, comme le déclarait il y a peu Patrick Dupriez, Co-Président d’ECOLO : «les personnes qui vont le plus bénéficier de ce revenu universel, ce sont aussi les entrepreneurs, les indépendants qui veulent se lancer mais qui doivent aujourd’hui travailler sans filet. On va libérer les initiatives, les énergies. Il faut bouger, oser le changement.

Créer de la richesse tout en s’émancipant de la croissance et en luttant contre la pauvreté : le revenu de base se veut une solution à 360 degrés,« à partir du moment où il s’articule avec le maintien des droits et une régulation forte du marché du travail », martèle Patrick le Co-Président d’ECOLO. Risque-t-il de déforcer les travailleurs au profit des employeurs ? Patrick Dupriez entend la crainte, mais la réfute : « le revenu de base doit rendre du pouvoir de négociation aux individus, puisque désormais, une part de leur revenu primaire ne dépend plus de la décision de l’employeur ou des aléas du marché du travail».

Depuis maintenant 40 ans, force est de constater que les gouvernements ont constamment promis le retour au plein-emploi, sans jamais y parvenir. En découplant l’emploi rémunéré de l’activité, le revenu de base doit permettre de sortir de la logique productiviste et faciliter la transition écologique. C’est pourquoi il est souvent associé à l’entrée dans un monde post-croissance. Le clivage n’est plus alors entre la droite et la gauche, mais entre ceux qui visent une transition écologique, axée sur le long terme, et ceux qui ont le seul présent pour horizon.

Lire la proposition complète ici

Intervenants exctérieurs: Philippe Van Parijs, philosophe et économiste (UCL) // François Denuit, chercheur au Cevipol (ULB) & University of Warwick // Anne Rakovsky, assistante sociale // Eric Clemens, philosophe (FUSL) et écrivain // Marc-Antoine Sabaté, chercheur au Centre de théorie politique de l’ULB // Philippe Defeyt, économiste et ancien président du CPAS de Namur // Kim Evangelista, conseiller économique d’Ecolo // François Perl, Directeur Général du Service des Indemnités – INAMI // Marie-Hélène Ska, Secrétaire générale de la CSC // Estelle Ceulemans, Directrice des Services syndicaux, Centrale Générale (FGTB) // Clarisse Ramakers, directrice du service d’études de l’Union des Classes Moyennes (UCM) // Yves Martens, animateur du Collectif Solidarité contre l’exclusion // Paul Magnette, bourgmestre de Charleroi (PS) // Meyrem Almaci, présidente de Groen // Georges-Louis Bouchez, délégué général du MR // Patrick Dupriez, Coprésident d’Ecolo // Olivier De Schutter, membre du Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU.

Vidéo – 3 clichés sur le revenu de base

14 raisons pour un revenu de base

La proposition Defeyt

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