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Dysfonctionnements à l’AFCN: il est temps que le ministre Jambon prenne les choses en main

9 février 2018
Dysfonctionnements à l’AFCN: il est temps que le ministre Jambon prenne les choses en main

L’histoire se répète à l’agence fédérale de contrôle nucléaire. Alors qu’il y a deux ans, un premier audit pointait déjà de nombreux dysfonctionnements dans la hiérarchie et la communication de l’AFCN, les résultats d’un autre audit, dont des extraits sont publiés ce matin dans la presse, confirment le malaise : manque de vision, partialité, non respect des procédures de recrutement, esprit anarchique, manque de collaboration entre directeurs, etc.

CC Reporters / DPA

Mais, pire encore, ce nouvel audit n’a pas non plus été suivi des effets légitimement attendus et la direction baigne dans le déni : plutôt que de mettre en œuvre les recommandations, la hiérarchie n’a trouvé mieux que de remettre en cause la qualité du travail du bureau qui a réalisé l’audit.

Pour Jean-Marc Nollet, chef de groupe ECOLO à la Chambre et particulièrement attentif aux questions de sécurité nucléaire, « cet audit est la goutte qui fait déborder le vase. Au moment où des questions fondamentales sont traitées par l’Agence, que ce soit le suivi de la prolongation des vieilles centrales de Tihange 1, Doel 1 et 2 ; la décision relative à la localisation des déchets hautement radioactifs ou l’arrêt inopiné pour 10 mois de Doel 3, la responsabilité de l’AFCN est engagée et tous les moyens doivent lui être donnés pour qu’elle puisse mener sa mission à bien ».

Et le Député vert de rappeler qu’il a déjà eu l’occasion d’interpeller le ministre de tutelle à plusieurs reprises : « il y a quinze jours je mettais en exergue au Parlement la volonté – heureusement avortée par le CA – de se séparer d’une dizaine de collaborateurs. Je pointais également la volonté de l’AFCN de se soustraire à la certification ISO 9001. Pas plus tard qu’hier, j’interrogeais le ministre de tutelle sur le suivi donné à l’audit de communication qui avait révélé les mensonges volontairement diffusés par l’Agence. On sent bien qu’au sein de la hiérarchie ça coince. Le changement nécessaire et attendu ne se concrétise pas ».

Le retard dans l’arrivée du nouveau directeur général n’est pas non plus pour le rassurer. Censé – suivant la réponse que le ministre lui a fourni précédemment – arriver le 1er janvier dernier, sa nomination n’est toujours pas effective.

« Que des collaborateurs dénoncent le fait de ne pouvoir faire correctement leur travail et plus encore la faiblesse des exigences vis-à-vis d’Electrabel a de quoi nous inquiéter au plus haut point. Le ministre Jambon doit reprendre la situation en main. Il en va de la qualité du travail du gendarme du nucléaire et, partant, de la sécurité des citoyens. » poursuit Nollet.

Concrètement, les verts demandent notamment que le ministre exige de l’AFCN :

  • qu’elle se soumette à nouveau à la certification ISO ;
  • que le plan d’action qui doit faire suite aux différents audits soit adopté au plus tard lors du prochain CA ;
  • que le directeur-adjoint soit engagé endéans les trois mois et
  • que le financement de l’Agence soit renforcé pour devenir indépendant d’Electrabel

« Face à la gravité de la situation, je déposerai une interpellation parlementaire et, dans 15 jours, au moment du vote sur ses conclusions, chacun devra prendre ses responsabilités, y compris au sein de chacun des partis de la majorité. La nonchalance doit céder le pas à la conscience de l’importance des enjeux  et les décisions doivent être à la hauteur de la gravité des constats » conclu Jean-Marc Nollet.