Les inégalités sociales pénalisent les enfants défavorisés dès l’école maternelle. La Fondation Roi Baudouin l’a encore rappelé ce lundi. Or, l’école n’est toujours pas gratuite en Fédération Wallonie-Bruxelles, ce qui est une grave atteinte aux droits des enfants et aux engagements de notre pays en la matière. C’est également l’une des conclusions tirées par les Nations Unies dans un rapport publié il y a deux semaines, dans lequel sont pointées toutes les difficultés auxquelles font face, chez nous, les enfants issus de la diversité ou de familles précarisées.

Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles se penche aujourd’hui sur la gratuité de notre enseignement. En effet, face à l’immobilisme du Gouvernement, Ecolo avait déposé l’année dernière une proposition de décret prévoyant une gratuité effective et progressive de l’école, en commençant justement par les maternelles. De son côté, un an après le timing prévu dans le Pacte d’excellence, le Gouvernement présente enfin son texte aux députés. Mais il s‘avère décevant : il limite par exemple les dépenses des parents, mais ne les supprime pas à terme. Le projet de la Ministre maintient en outre trop de dépenses à charge des parents, notamment tout ce qui à trait aux activités culturelles et sportives en maternelle et primaire, et la liste s’allonge encore pour les secondaires en s’étendant aux livres, photocopies,…

« Le projet de la Ministre Schyns a certes le mérite d’avancer dans la bonne direction. Mais il est incomplet et ne nous permettra pas de rencontrer les obligations internationales. C‘est d’ailleurs aussi l’avis du Conseil d’État », commente Barbara Trachte, cheffe de groupe Ecolo au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. « Au niveau des frais qui restent à la charge des parents, elle annonce les plafonner mais on ne sait pas sur quelle base.Il s’agira apparemment d’une décision politique unilatérale. Elle ne seraconcertée ni avec les professionnels ni avec les parents. En outre, la Ministre ne respecte pas sa promesse de rattraper l’année perdue pour les enfants qui entreront en deuxième maternelle. Enfin, ne pas déterminer d’objectifs ni établir de plan concret pour atteindre la gratuité à terme, c’est à nouveau ne pas répondre aux obligations internationales de la Belgique, mais c’est aussi le meilleur moyen de ne jamais y arriver… », poursuit Barbara Trachte.

Ecolo, dans son texte qui sera discuté en même temps, propose au contraire un échéancier et plusieurs mesures pour atteindre progressivement la gratuité totale de l’enseignement obligatoire, prioritairement dans le fondamental. Pour les écologistes, le renforcement de la gratuité doit en effet s’envisager de manière séquentielle en priorité dans l’enseignement maternel, puis dans l’enseignement primaire, puis dans l’enseignement secondaire, en fonction des types de frais.

« L’enseignement maternel et primaire doit être gratuit. Le secondaire doit progressivement le devenir. C’est une obligation internationale et un droit fondamental des enfants. Nous voulons que certains frais soient interdits, tandis que d’autres pourraient être temporairement autorisés, à un moment et pour un but précis, dans les limites de plafonds fixés de façon concertée. L’école est un premier reflet de notre société, il est fondamental qu’elle soit accessible à tous les enfants, quelle que soit leur origine sociale. Nous espérons que les discussions d’aujourd’hui sur les deux projets pourront aboutir à un résultat final qui permettra de rendre effectivement notre enseignement gratuit pour tous les enfants », conclut Barbara Trachte.