Actualités

Actualité

Des premiers chiffres qui confirment l’ampleur de la catastrophe sociale annoncée

5 mars 2015
Des premiers chiffres qui confirment l’ampleur de la catastrophe sociale annoncée

Depuis l’adoption de la mesure en 2011 par le gouvernement Di Rupo, Ecolo n’a eu de cesse de dénoncer la limitation à trois ans des allocations d’insertion et leur effet sur les plus fragiles d’entre nous. Ce mardi, les statistiques relatives aux exclusions intervenues au mois de janvier ont été rendu publiques par l’ONEM. Elles confirment l’ampleur de la catastrophe annoncée : 18.432 personnes touchées à l’échelle du pays dont 2/3 environ de femmes et 2/3 de Wallons.

Les députés membres de la Commission des Affaires Sociales de la Chambre ont reçu, ce 3 mars, les statistiques de l’ONEM concernant le nombre de chômeurs dont le droit aux allocations d’insertion a pris fin. C’est la première fois depuis l’annonce de la mesure qu’on peut mesurer son impact concret et le nombre de familles effectivement touchées.

16.368 demandeurs d’emploi ont perdu ce droit à la date du 1er janvier 2015. Si on tient compte aussi de ceux qui ont perdu ce droit dans le courant du mois de janvier, on arrive à un total de 18.432 personnes. Attention, parmi ceux-ci, l’ONEM estime qu’environ 3% de ces personnes n’ont plus droit à une allocation d’insertion pour d’autre raison qu’une fin de droits, notamment une reprise de travail.

Au-delà de ces chiffres globaux, une analyse plus fine est très éclairante :

· Plus d’un quart des personnes concernées ont moins de 30 ans ; 70% environ moins de 40 ans ;

· 2/3 environ sont des femmes ;

· 2/3 environ sont des wallons et 17,9% des Bruxellois (beaucoup plus que leur représentation) ;

· Plus de la moitié sont des cohabitants, dont beaucoup n’auront pas droit à un Revenu d’intégration.

Ces statistiques ne donnent qu’un premier aperçu des conséquences de la mesure. Malheureusement de nombreuses personnes encore perdront leur droit à une allocation d’insertion dans le courant de l’année 2015, notamment les jeunes qui se sont inscrits en août, septembre et octobre 2012 à l’issue de leurs études et dont le 3ème anniversaire de leur entrée dans le système arrivera dans quelques mois.

Sauf revirement du gouvernement Michel (qui, à ce stade, a plutôt choisi d’aggraver la mesure que de revenir sur les options du Gouvernement Di Rupo), on peut en effet estimer que ce sont effectivement entre 25.000 et 30.000 chômeurs (au moins) qui perdront leur droit aux allocations d’insertion d’ici la fin de l’année. Concrètement, cela signifie qu’ils sont ou seront soit dirigés vers les CPAS, soit réduits à se débrouiller avec les moyens du bord. Quoi qu’il en soit : ils quittent le marché de l’emploi et s’éloignent de l’insertion professionnelle, dès lors qu’ils n’ont plus accès à des formations ou à des réductions de cotisation sociale, pour tomber dans un régime d’assistance ou se retrouver sans ressource.

Cette mesure ne créera aucun emploi mais, par contre, le risque d’aggravation de l’état de pauvreté des travailleurs sans emploi de longue durée est lui bien réel, raison pour laquelle les écologistes ont déposé une proposition de loi visant à revenir sur la mesure.

Pour Georges Gilkinet, « Il est temps de cesser les communications gouvernementales qui minimisent l’ampleur de ce drame social. Ecolo appelle le Gouvernement fédéral à tirer un trait définitif sur cette mesure et ces politiques sociales qui amplifient la crise tout en sapant le moral des Belges. »

En annexes ci-dessous:

Détail de ces fins de droits est donné par commune. Les communes sont classées par Province. Ventilation par âge, genre, région et catégorie (Chef de ménage, Isolé, Cohabitant) des bénéficiaires d’allocations d’insertion.