Les récentes révélations fortement documentées du journal Le Soir quant à la présence d’armes belges dans les opérations militaires au Yemen sont plus qu’interpellantes. Pour les écologistes, elles réclament en effet que nos institutions fassent toute la lumière et que notre pays fasse bouger les lignes européennes.

Le risque de détournement d’armes a, à plusieurs reprises, amené Ecolo à interroger le Ministre-Président wallon sur l’octroi des licences d’exportation à l’Arabie Saoudite et à s’opposer à ces livraisons. Ces exportations ne peuvent avoir lieu que moyennant le respect d’une série de critères définis par décret. Et notamment l’assurance de ne pas réexporter les armes pour un autre usage que celui officiellement prévu, de ne pas livrer d’armes dans des zones où elles risquent d’être ré-acheminées ou de contribuer à la déstabilisation d’une région, ou livrées dans un pays qui porte atteinte au droit international. Les éléments factuels révélés par la presse mettent gravement en cause la responsabilité des Gouvernements.

Depuis le début des opérations militaires de répression des manifestations au Yémen par l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, les craintes de voir des armes wallonnes utilisées dans le conflit sont fortes. L’enquête publiée ce jour confirme que des armes qui ont été livrées pour la garde présidentielle d’Arabie Saoudite sont bien utilisées dans le conflit. Les nouvelles demandes de licences d’exportation sont fort heureusement bloquées depuis le meurtre du journaliste Jamal Kashoggi. Cette enquête met également en cause la présence d’armes flamandes dans le même contexte.’

« Au vu de ces nouvelles informations, nous souhaitons que toute la la lumière soit faite sur le tracé de ces armes et nous demandons au Ministre-Président wallon de s’expliquer. Nous rappelons également la nécessité de renforcer la transparence sur le processus d’examen des demandes de licence. C’est le sens d’une proposition de décret que nous avions déposée il y a plusieurs mois au Parlement de Wallonie », commente la députée wallonne Ecolo Hélène Ryckmans.

« Nous demandons aussi que la Belgique saisisse formellement le comité européen d’une demande d’un embargo sur les armes à destination de l’Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis. La Wallonie doit formaliser le moratoire de fait placé sur l’octroi des licences. Elle doit aussi requérir du Gouvernement fédéral qu’une demande similaire soit officiellement adressée au niveau européen, dans le prolongement de la résolution adoptée par la Chambre en date du 8 juin 2017 visant à reconsidérer la politique étrangère de la Belgique à l’égard du Royaume d’Arabie saoudite. Il est urgent de prendre enfin les mesures qui s’imposent depuis longtemps », conclut Hélène Ryckmans.