En Belgique, une femme sur huit sera un jour confrontée à un diagnostic de cancer du sein: nous sommes le pays d’ Europe le plus touché par ce fléau. De plus, 30 % des cancers concernent des femmes de moins de 50 ans. Pour Ecolo, le dépistage devrait donc être une priorité de santé publique. Or, nous faisons face à énormément d’incertitudes, notamment à cause de la méthode ‘De Block’, qui veut, une nouvelle fois, imposer des règles et exigences d’EBM (‘evidence-based medicine’) sans tenir compte de la dimension humaine des individus et spécifiquement des femmes dans ce cas-ci.

Pour les écologistes, une bonne application des EBM et des EBP (‘evidence-based practice’) consisterait à favoriser les meilleures pratiques médicales et de soins avec, comme objectif, d’assurer la qualité des soins à toutes et tous sur base des bonnes pratiques, dans le respect des droits et dans une vision globale des patients. Mais la ‘méthode De Block’, c’est également une volonté de formater les soins et de faire entrer les gens dans des cases, sans prendre en compte les aspects physiques et psychologiques des personnes. Or, pour une prévention efficace, il s’agit de préserver la prise en compte des spécificités des patient(e)s et surtout, de l’expliquer.

« Comment est-il possible de prévoir un arrêté pour le 1er avril qui modifie les conditions des remboursements Inami pour le dépistage du cancer du sein et qui réduit le panel de femmes qui pourraient en bénéficier sans qu’il n’y ait eu un travail interactif et un souci d’information s’assurant de la compréhension et de l’adhésion des femmes ? Comment ne pas se rendre compte qu’une telle manière de faire va provoquer craintes, angoisses et colère, tant de la part des patient(e)s que des professionnels de la santé ? » s’interroge Muriel Gerkens, députée fédérale Ecolo.

Interrogée en séance plénière de la Chambre, la Ministre de la Santé n’a pas réagi quant à la nécessaire concertation et information que sa fonction exige. Inacceptable pour les écologistes. « Face aux oppositions déclenchées par son texte, la Ministre suspend son arrêté mais cela ne suffit évidemment pas. Que va-t-elle mettre en place pour collectiviser les réflexions de 12 ans dont elle s’est inspirée ? Comment va-t-elle informer les femmes ? C’est le rôle d’un Ministère de la santé et celui de son ou sa Ministre de s’assurer de la bonne compréhension de sa politique. Surtout lorsque celle-ci concerne le cancer le plus fréquent chez les femmes… », poursuit Muriel Gerkens.

Ecolo demande dès lors à la Ministre de travailler sur l’ensemble des pratiques à promouvoir au bon moment, et par les acteurs les plus appropriés, depuis les interventions manuelles de palpation, les mammotests de dépistage et les échographies nécessaires.

« Nous lui suggérons également d’enfin considérer les femmes comme des êtres humains capables de comprendre ce qui est bien pour elles et d’agir en conséquence. Nous attendons donc du Ministère de la Santé, une information complète et compréhensible pour toutes et tous, sur une politique réellement efficace de prévention du cancer du sein. Face à l’absence de réponse probante de la part de la Ministre cet après-midi en séance plénière de la Chambre, je reposerai ma question en commission afin que nous puissions enfin disposer d’une information complète concernant ce dossier extrêmement important », conclut Muriel Gerkens.

 

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