Après 18 mois de travaux, la commission d’enquête sur les attentats de Bruxelles présente et vote aujourd’hui son rapport complet en séance plénière de la Chambre.

Ecolo et Groen se montrent globalement satisfaits des conclusions ce texte, objet de consensus entre tous les partis politiques et qui reprend également un volet lié à la prévention du radicalisme violent, un élément fondamental aux yeux des écologistes. “Pour nous, les investissements dans la sécurité doivent toujours aller de pair avec la prévention afin d’endiguer le radicalisme (violent) à sa source. Or, après les attentats de Bruxelles, le Gouvernement fédéral avait rapidement annoncé et pris des mesures relatives à la sécurité et à la répression. Mais trop peu d’attention a été portée au traitement des causes du radicalisme violent. C’est d’ailleurs ce qui ressort de nombreuses auditions d’acteurs de terrain,” commente le député fédéral Ecolo et membre de la commission d’enquête Gilles Vanden Burre.

Le rapport comprend un grand nombre de propositions et de recommandations. Pour Ecolo-Groen, certains éléments sont particulièrement incontournables pour lutter efficacement contre le radicalisme:

  • la nécessité d’améliorer la collaboration et la coordination entre les différents services et niveaux de compétences, mises à mal par le morcellement des responsabilités suite aux réformes de l’État successives;

  • la mise en place d’une autre politique carcérale afin de rendre possible des parcours de déradicalisation efficaces;

  • la nécessité de reconnaître les mosquées présentes en Belgique pour davantage de transparence et de contrôle, et le besoin de réformer et renforcer l’Exécutif des musulmans de Belgique;

  • la nécessité de renforcer la police de proximité, tant dans les moyens que dans la diversité de ses agents, la police de proximité et les agents de quartier étant le contact direct et privilégié avec la population;

  • le besoin d’accorder un soutien structurel aux autorités locales pour davantage de prévention et d’accompagnement des familles confrontées directement à la radicalisation;

  • l’importance du dialogue et du débat, via le renforcement et le soutien d’initiatives, notamment citoyennes, qui créent des ponts et des espaces de rencontres;

  • la lutte efficace contre les discriminations dans le monde du travail, via des tests de situation et le renforcement des services d’inspection.

“Une lutte efficace contre le terrorisme et le radicalisme passe bien sûr par des mesures de sécurité, et par la répression quand c’est nécessaire. Mais si l’on veut les éradiquer efficacement, il est fondamental d’aller s’attaquer aux sources et dès lors de mettre en œuvre des politiques de prévention crédibles. Ce dernier volet des travaux de la commission d’enquête a livré plusieurs recommandations qui vont dans ce sens. C’est désormais à l’ensemble des responsables politiques, à tous les niveaux de pouvoir, de les concrétiser afin de travailler à une société où tous les citoyens peuvent se sentir en sécurité,” conclut Gilles Vanden Burre.