Ecolo a appris avec consternation l’annonce, ce jeudi, du licenciement de 1233 travailleuses et travailleurs de Carrefour Belgique. Cette décision est incompréhensible dans le chef d’un groupe en bonne santé financière qui a réalisé un bénéfice de 96 millions d’euros en 2016 en Belgique, et bien plus élevé encore ailleurs dans le monde. Et l’impuissance du Gouvernement est patente, dès lors que cette nouvelle catastrophe sociale vient après celles d’ING et de Caterpillar, qui avaient pourtant vu des engagements moraux de la majorité à agir pour empêcher la répétition de tels drames sociaux.

(c) Reporters

« Nos pensées vont d’abord aux travailleurs concernés et à leurs familles. Mais nous espérons surtout que le Premier Ministre aura profité de sa présence à Davos pour discuter avec les représentants du monde économique de leur responsabilité sociale et des conditions qu’ils devraient remplir pour bénéficier des aides généreuses qui leur sont accordées, y compris en Belgique. Notamment celle de ne pas licencier s’ils réalisent des bénéfices et de rembourser les aides publiques reçues en cas de licenciement non-justifiés », expliquent Zakia Khattabi et Patrick Dupriez, Coprésidents d’ECOLO.

La majorité fédérale prétend avoir pour seul objectif la création d’emplois, mais il faut constater, au-delà du fait que les nouveaux emplois sont trop souvent de piètre qualité, qu’elle ne se donne pas les moyens de protéger l’emploi existant dans notre pays. Ainsi, malgré les rumeurs circulant depuis quelques jours, aucun contact n’a été pris avant ce jeudi par le Ministre de l’Emploi avec la direction de Carrefour Belgique !

« C’est d’autant plus incompréhensible que des engagements avaient été pris en 2016 pour changer les règles en matière de licenciements collectifs. Le groupe Ecolo-Groen à la Chambre a déposé des propositions de loi pour réformer la Loi Renault, empêcher les entreprises qui procèdent à des licenciements boursiers de bénéficier d’aides publiques et les obliger à rembourser celles qu’elles ont obtenues récemment. Mais, manifestement, la majorité fédérale a trop peur d’exiger des employeurs des garanties et une réelle contribution au bien-être socio-économique dans notre pays. La vraie menace sur notre sécurité sociale, c’est décidément l’attitude prédatrice de certains actionnaires et cette non-volonté d’agir et d’exiger des contre-parties des employeurs à la hauteur des aides publiques qui leur sont octroyées », concluent les Coprésidents d’ECOLO.

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