Le budget fédéral 2019 est désormais connu. Pour Ecolo, contrairement à ce que présentait ce matin le Gouvernement fédéral, le compte n’est pas bon. En effet, le Gouvernement Michel continue de nier que certaines de ses estimations budgétaires ne tiennent pas la route (par exemple : caractère structurel des versements anticipés Isoc, nouvelles recettes fiscales,…) et, par conséquence, va envoyer la facture aux prochaines législatures et générations futures.

«Privatisation, contrôle, sanction… autant de vieilles recettes qui n’ont jamais rien donné d’autre comme résultat que la précarisation accrue d’une frange de plus en plus importante de nos concitoyens », commentent Zakia Khattabi et Patrick Dupriez, coprésidents d’Ecolo. « L’accord sur l’emploi, par exemple, se fait budgétairement et symboliquement au détriment des plus fragiles. Si certaines mesures concernant les métiers en pénuries sont intéressantes, notamment en termes de formation ou de mobilité professionnelle, la dégressivité accrue des allocations de chômage reste scandaleuse alors qu’on sait à quel point le marché de l’emploi actuel est difficile », poursuivent les écologistes.

Ecolo déplore en outre la logique de marchandage qui a de nouveau pris le pas lors de ces négociations. En effet, l’accord trouvé sur Arco est la seule condition fixée par le CD&V à une entrée partielle de Belfius en bourse. Pour autant qu’elle passe la rampe des contrôles légaux belges et européens, cette indemnisation est le prix de la perte de contrôle de l’Etat fédéral sur ce qui aurait pu devenir une grande banque publique, capable de soutenir la Belgique dans ses projets et investissements dans le futur. Pour les écologistes, c’est le court-termisme qui prend une nouvelle fois le dessus, avec l’enregistrement d’une recette budgétaire ponctuelle et au risque de voir un outil utile à nouveau soumis aux aléas boursiers et aux pressions spéculatives.

« Les grands absents de ces négociations sont finalement toujours les mêmes : où sont les mesures pour diminuer le nombre d’embouteillages et favoriser la mobilité? Où sont les investissements pour relever les défis climatiques et énergétiques ? Où est la vision pour une société plus inclusive et plus juste ? Où est la lutte contre la grande fraude fiscale et les mesures pour plus de justice fiscale ? Il faudra manifestement attendre 2019 et les élections fédérales pour, on l’espère, changer durablement de cap… », concluent Zakia Khattabi et Patrick Dupriez.

 

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