Que contiennent exactement nos assiettes ? Ces aliments, sur lesquels sont indiqués ‘pauvre en graisse’ ou ‘sans sucres ajoutés’ sont-ils vraiment bons pour notre santé, ou sont-ils simplement ‘moins mauvais’ que d’autres de la même catégorie ? Ou pire encore, s’agit-il uniquement de marketing trompeur ?

Or, le lien entre notre alimentation et notre santé est direct. Et pour entretenir ce lien et poser des actes d’achat éclairés, nous avons besoin d’informations claires et compréhensibles.

C’est la raison pour laquelle Ecolo propose un étiquetage clair, basé sur un code couleur ‘vert – orange – rouge’ qui détermine la qualité de l’aliment lui-même dans son ensemble. C’est-à-dire qu’on ne compare pas uniquement cet aliment par rapport à d’autres appartenant à la même catégorie. Cela signifie également qu’il est peut-être pauvre en sucres… mais qu’il est riche en graisses saturées, ce qui en fait peut-être un aliment pas très sain au final.

Loin de chercher à culpabiliser, l’objectif du texte déposé par les écologistes à La Chambre est d’informer clairement les consommateurs, pour qu’ils décident de leurs actes d’achat sur base des bonnes informations.

Un étiquetage simple sur la qualité alimentaire de tous les produits est ainsi nécessaire et indispensable. La commission santé de la chambre en a débattu longuement sur base de la proposition de texte Ecolo-Groen et une résolution a ainsi été adoptée réclamant une telle démarche du gouvernement. La Ministre de la Santé a récemment annoncé qu’elle allait enfin concrétiser cette demande. Tout l’enjeu sera de tenir tête au secteur agro-alimentaire qui refuse que certains aliments préparés soient ‘stigmatisés’ comme aliments de mauvaise qualité vu leurs teneurs excessives en sucres, graisses et insuffisantes en fibres, par exemple.

La puissance des lobbies

Ecolo s’inquiète de la volonté de la Ministre de privilégier les lobbies plutôt que la santé publique, comme ça s’est déjà produit par le passé.

Les écologistes rappellent à cet égard que si une convention alimentation équilibrée a bien été conclue entre la ministre fédérale de la santé, le secteur agro-alimentaire et la grande distribution portant sur les années 2016 à 2020, elle a surtout été fixée par le secteur. Or, l’objectif principal de ces acteurs de la grande distribution et de l’agro-alimentaire industriel est de maintenir voire d’augmenter la consommation des produits, et non d’améliorer la santé publique à la hauteur des enjeux:  taux d’obésité, maladies cardio-vasculaires, diabètes, problèmes du métabolisme, …etc

L’un des éléments les plus significatifs de cette distorsion d’objectifs est la volonté de préserver les goûts de sucre dans les aliments dont on en diminue le pourcentage.

La question se pose donc de l’intérêt d’encourager la dépendance au goût du sucre lorsque toutes les préoccupations de santé publique disent qu’il faut en diminuer la consommation, si ce n’est d’entretenir la dépendance à ce goût et donc à des consommations excessives mais rentables.

Un autre indicateur est la faiblesse des mesures relatives aux plats préparés depuis les sauces jusqu’aux menus.

Rien ne justifie les ajouts de sucres dans une potée au chou, dans une salade ou dans une mayonnaise si ce n’est bien sûr d’en augmenter la consommation par les sensations que procure le sucre et d’en allonger la durée de conservation.

Pour Ecolo, les responsables politiques ne peuvent se contenter d’accords à l’amiable avec les secteurs de l’alimentation industrielle même si ceux-ci sont nécessaires pour créer une dynamique collective autour d’un même projet alimentaire. Des objectifs ambitieux doivent être fixés avec des impératifs non négociables.

Un exemple : l’industrie agro-alimentaire défend l’argument qu’une consommation modérée de chips arrange tout et qu’on ne peut dès lors pas mettre une pastille rouge sur un paquet de chips, car que deviendraient alors les producteurs de chips… Si chacun est bien entendu libre de jouir du plaisir de manger des chips, si possible avec modération, il est évident que le message doit clairement être qu’il s’agit d’aliments de mauvaise qualité pouvant être remplacés par des aliments plus sains et naturels. A nouveau, les écologistes rappellent qu’il ne s’agit pas de culpabiliser ni d’interdire la consommation d’aliments, mais simplement d’informer de façon transparente et complète.

Améliorer la qualité des aliments

Les débats et réflexions politiques relatives à la qualité des aliments sont toujours en cours, par le biais notamment des textes d’Ecolo-Groen relatifs à la lutte contre l’obésité, en particulier chez les enfants et adolescents.

Ecolo-groen se bat pour que, dans les mesures politiques à concrétiser, il y ait bien sûr des exigences drastiques de diminution de sucres et de graisses dans les aliments, mais aussi pour qu’il y ait des interdictions de présence d’additifs dont on sait qu’ils impactent négativement le métabolisme. Parmi ces substances, les écologistes visent particulièrement les perturbateurs endocriniens contenus dans des engrais et des pesticides mais aussi dans des colorants et substituts de goûts (sans parler de leur présence dans les contenants alimentaires, produits cosmétiques et vêtements).

Une politique de santé publique et de santé alimentaire cohérente

Ecolo et Groen défendent, à tous les niveaux, une approche globale nécessaire.Une politique de santé publique et de santé alimentaire doit en effet se construire sur un ensemble cohérent d’engagements concrets :

  • En promotion de la santé depuis la plus petite enfance : en veillant à construire des outils avec les hommes, femmes, parents, enseignants, éducateurs, professionnels de la santé en veillant à y impliquer tous les milieux socio-économiques. On sait en effet que les personnes les plus pauvres sur les plans économique, social et culturel consomment une alimentation moins bien équilibrée et beaucoup plus industrielle, et que ces personnes sont très peu atteintes par les mesures publiques de santé tandis que la publicité agro-alimentaire leur parvient avec grande efficacité.

A cet égard, il est regrettable que la régionalisation du PNNS (programme national nutrition santé) n’ait pas entraîné une mobilisation de la Région wallonne pour faire de l’alimentation une politique structurante reliant santé, agriculture, économie et éducation de la terre à l’assiette.

  • En prévention : grâce à des politiques de normes restrictives dans la composition des aliments.
  • En protection des consommateurs : grâce à de la bonne information sur les compositions, des étiquetages clairs, simples et non ambigus.
  • En agriculture et économie : en interdisant les perturbateurs endocriniens et en favorisant les productions bio locales et leur consommation par toutes et tous, en commençant par les cantines scolaires, les institutions d’hébergement et les institutions de soins.
  • En recherche scientifique : via l’étude des effets cocktails des substances chimiques sur la santé suite à la présence simultanée de nombreux additifs dans les aliments préparés.

 

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