Quels sont pour vous les principaux objectifs qu’Ecolo doit se fixer ces prochaines années ?

Zakia Khattabi et Patrick Dupriez: Ecolo doit regagner le cœur des militants, de la société civile et des citoyens.
Le premier enjeu sera donc celui de notre ancrage : en ouvrant les locales à leur environnement, en remplaçant certaines discussions de procédure par des rencontres de terrain, en développant une militance à la carte qui n’impose pas une manière de s’investir chez Ecolo, mais propose à chacun de s’y engager selon ses envies, ses disponibilités, ses compétences.
Nous voulons qu’Ecolo porte une ligne claire, un discours clair qui assume ce que nous sommes et les valeurs que nous défendons.
L’écologie politique est un projet de rupture et d’espoir. Nous devons le porter fièrement pour montrer qu’il y a une alternative aux partis traditionnels et ainsi remobiliser l’enthousiasme de nos militants et en attirer de nouveaux. Cela implique entre autres d’ouvrir ou réouvrir sans tabou des débats de fond et de nous fixer quelques objectifs politiques prioritaires autour desquels nous mobiliser du niveau local au niveau européen.
Plus stratégiquement, il est clair que réussir les prochaines élections communales en élargissant notre ancrage local et valorisant les réussites de nos participations est essentiel.

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Comment Ecolo doit-il se situer face aux nouveaux mouvements et initiatives du type “Tout autre chose” etc. ?”

Zakia Khattabi et Patrick Dupriez:C’est en refaisant d’Ecolo le partenaire naturel d’une grande partie de la société civile que nous retrouverons à la fois notre raison d’être et notre puissance d’action. De très nombreuses initiatives attestent d’une prise de conscience grandissante de citoyens, d’associations, d’entrepreneurs, de chercheurs ou d’artistes, de collectivités locales qui imaginent et mettent en œuvre la transition écologique. De plus en plus d’hommes et surtout de femmes privilégient la sobriété, la convivialité et la coopération à la prédation et la compétition et s’associent pour agir concrètement sans attendre le politique.
Nous voulons qu’Ecolo soit l’expression politique de ces acteurs de changement, ce qui implique de développer une stratégie de dialogue et d’alliances mettant en évidence la convergence des luttes entre les mouvements existants, des traditionnels syndicats aux embryons de nouveaux mouvements sociaux (les indignés, occupy, 99%, Tout Autre Chose, etc.) en passant par la galaxie verte (décroissants, objecteurs de croissance, mouvements de transition et de simplicité volontaire…) sans oublier ceux qui entreprennent avec des finalités économiques, sociales et culturelles positives pour la société.
Comme militants, comme citoyens engagés, nous sommes à la fois en transformation personnelle, engagés dans des associations et des initiatives collectives, actifs professionnellement ou politiquement au service de la transition écologique.
Et nous savons qu’il faut l’un ET l’autre pour faire progresser la société.
S’il faut des groupements d’achat solidaire qui relient les producteurs et les consommateurs, il faut aussi des lois qui interdisent les néocotinoïdes tueurs d’abeilles.
Si les monnaies locales sont des outils puissants de résilience et de relocalisations de l’économie, il faut aussi créer un rapport de force politique du local à l’Europe pour domestiquer la finance et rendre de la souveraineté aux peuple face à l’oligarchie des rentiers pudiquement appelés « marchés ».
Depuis la moitié des années 70, le discours politique parle de crise dont il faudrait sortir par des efforts d’austérité et la relance d’une hypothétique croissance. Mais de quoi le mot « crise » est-il le nom ?
Comme écologistes, nous rejetons l’idée que nous vivons une crise financière, économique ou environnementale qui ne serait qu’une période de turbulence au terme de laquelle le retour de la croissance permettrait de réduire les inégalités et de « verdir » le capitalisme.
C’est le modèle tout entier qui pose problème, et non ses éventuels dysfonctionnements. Notre objectif ne doit pas être de sortir de la crise pour permettre au modèle capitaliste, productiviste et consumériste de repartir de plus belle, mais de sortir de ce modèle de société qui ressemble à un cul de sac pour l’humanité.
Ecolo doit participer au débat public en proposant de vraies alternatives sociétales sortant des logiques comptables et gestionnaires.
De plus en plus de citoyens tournent le dos à la politique. C’est préoccupant mais compréhensible. Ecolo, par sa spécificité et son processus de démocratie interne peut démontrer que, faire de la politique autrement, est possible, renouveler les mandataires et participer à reconnecter la démocratie parlementaire avec la société civile.
Pour Ecolo, il s’agit de peser concrètement dans les institutions où nous sommes représentés du niveau local au niveau européen
L’espoir, est vert et c’est par la cohérence de notre mobilisation, d’une part, et par une véritable stratégie d’écoute, de dialogue et de présence sur les terrains de réflexions et de luttes , d’autre part, que nous redeviendrons l’expression politique des aspirations et mobilisations des luttes écologistes et de nombreux mouvements dont nous partageons les valeurs et préoccupations.
S’il y a une chose à laquelle nous voulons contribuer durant les prochaines années, c’est à la reconnexion entre Ecolo et ceux qui bougent aujourd’hui dans notre société pour plus de solidarité, de convivialité, de respect de la diversité et des équilibres de la planète.

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Comment voyez-vous la dynamique entre vous 2 au sein de votre équipe et peut-être future coprésidence ?  

Zakia Khattabi et Patrick Dupriez:Notre duo repose sur la complémentarité et l’équilibre. Complémentarité, parce que des engagements différents nous ont mené à rejoindre Ecolo. Nos profils, rural et urbain, d’origines et de milieux différents, sont aussi complémentaires. Equilibre, parce que nous avons chacun exercé un mandat de parlementaire.
Notre duo repose aussi sur une complicité et un dialogue franc.
En tout état de cause et sans nier les ancrages locaux de chacun, nous souhaitons être pleinement, en duo, les coprésidents d’Ecolo et non de nos régions respectives (Bruxelles et Wallonie).
Bien évidemment, en raison de nos parcours, il y a des thématiques avec lesquelles l’un ou l’autre a plus d’affinités.
Mais il n’est pas question, par exemple, de nous répartir les responsabilités simplement sur la base d’une division externe/interne car une telle répartition des rôles aboutirait inévitablement à un système mono-présidentiel.
L’équipe que nous formons pour la campagne restera un duo pendant toute la durée de notre mandat et participerons l’un et l’autre, en première ligne, à la diversité des voix qui s’expriment au nom d’Ecolo

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